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Château de Cormatin

Fondé au XIIIe siècle, le fief ne sera doté d’un château qu’au XVIIe sicèle. Avec son architecture d’origine, le Château de Cormatin est l’un des joyaux de la Saône et Loire.

Découverte du domaine

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La cohérence tel est le maître mot des architectes qui ont conçu le Château de Cormatin au XVIIe siècle. Sa façade blanche comprend des fenêtres dont l’encadrement ocre tranche parfaitement dans un style relativement épuré.

L’intérieur est un émerveillement. Pour une fois, la visite vaut vraiment le détour et on ne saurait passer son chemin. De nombreuses pièces présentent des décors polychromes, peintures, boiseries, sculptures qui ont été restaurées au fil des ans. A chaque fois, le soucis du détail a été respecté. On remarquera des appartements de style Louis XIII (datant de 1628), qui sont, selon les spécialistes, les plus remarquablement restitués dans le patrimoine français.

D’autres pièces sont tout autant remarquables. Le cabinet des curiosité comprend un plafond « à ciel » des plus anciens. Le cabinet Sainte-Cécile comprend un lapis-lazuli et les dorures qui contribuent au reflet des bougies et par conséquent des conditions de lectures idéales. Notez également l’escalier monumental à vide central sur 23 mètres de haut.

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Le jardin

Le château comprend un parc remarquable. Sur sa ligne de symétrie on y retrouve une volière depuis laquelle ont peut admirer sa structure.

Il est inspiré des plans anciens tant par son tracé en dammier que par l’implantation des différents massifs. Il comprend un parterre de 7000m² avec  une fontaine, un labyrinthe de 3000 buis (45m de côté), un canal de 220 m de long, un miroir d’eau, un théâtre de verdure (300 places). Il est utilisé durant le festival de Cormatin.

Sur l’arrière du Château se trouve un potager très coloré qui mérite lui aussi le détour.

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Histoire

Le fief sur lequel sera plus tard construit le Château de Cormatin appartient dès le XIIIe siècle à la famille du Blé. Antoine du Blé d’Uxelles, gouverneur de Chalon-sur-Saône, décide d’y bâtir un Château de style Renaissance.

La construction du Château débute en 1605 sur le plan carré. et les douves héritées d’un tradition médiévale. Son fils, Jacques du Blé prend la suite et réalise la décoration intérieure. Il commande une soixantaine de tableaux à Paris (1627).

A cette époque, le jardin était présent. Il avait été réalisé en 1620.

En 1730, le Château de Cormatin change de main. Henri-Camille de Beringhem, gouverneur de Chalon, devient le nouveau propriétaire après le décès du maréchal d’Uxelles, dernier héritier des Blés. Le château change ensuite plusieurs fois de main et parfois de façon désastreuse. En 1810, Joseph-Laurent Salavin, industriel lyonnais, acquiert le domaine. Il entreprend sa transformation partielle en manufacture d’indienne. L’aile méridionale du château est ébranlée par la destruction de murs porteurs puis détruite. Finalement, au décès de Joseph-Laurent Salavin, le précédent propriétaire Étienne Maynaud Bizefranc de Lavaux, récupère le Château faute d’avoir été payé.

Rendu paysagé vers 1785 avec la plantation d’arbres rapportés d’Amérique par Pierre Desoteux, le jardin est détruit trente ans plus tard vers 1815 afin de combler les douves. Il sera finalement recrée en 1990.

Le château, a été classé Monument historique par liste en 1862 puis par arrêté le 2 février 1903

C’est grâce au travail de quatre amis, dont deux se sont lancé dans une autre aventure celle de la restauration du Château de Fléchères dans le département de l’Ain, que Cormatin est ce qu’il est aujourd’hui. Marc Simonet-Lenglart, Pierre Almendros et Anne-Marie Joly ont contribué à lui redonner sa splendeur.

Auteur de l’article : La rédaction