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Crypte de la Libarde

Sujets de l'article : Leo Drouyn

Connu sous la désignation moderne de la Crypte de la Libarde, l’église Saint-Saturnin de La Libarde est un bâtiment religieux datant dans ses premiers éléments de l’époque carolingienne. Selon différentes études, elles aurait pu être construite sur une ancienne villa gallo-romaine.

Connu des anciens, la crypte est resté pendant longtemps un patrimoine local mal connu et il faut attendre les érudits du XIXe siècle et en particulier Leo Drouyn pour en apprendre plus sur son histoire.

Inscrits aux monuments historiques depuis 24 septembre 1965, les vestiges se situent au nord de Bourg-sur-Gironde. Ils se présentent sous la forme d’une arche ouverte en bord de route conduisant à ce qui reste de la nef ainsi qu’à une crypte souterraine.

Jusqu’à la Révolution la Libarde était une paroisse avant d’être réunie avec celle de Bourg-sur-Gironde. L’origine première de l’église et de sa crypte sont assez mal connus. Leo Drouyn a avancé l’hypothèse que la crypte serait une partie d’un temple carolingien, lui même construit sur une villa gallo-romaine. Les vestiges trouvés près du cimetière confirme ces hypothèses. Mais à ce stade seuls des prospections avec un LiDAR permettrait de déterminer les implantations.

Les seules réelles certitudes viennent des archives de l’archevêché de Bordeaux qui remonte jusqu’au XIIe siècle. On apprend qu’elle aurait été incendiée pendant ce siècle. De nombreuses pierres calcinées gardent ce souvenir y compris sur la façade de la crypte. Après cet évènement tragique, l’église fut en partie reconstruite, réorganisée en trois nefs grâce à six piliers de base carrée. Puis s’en suive des cessions de seigneurs en seigneurs jusqu’au XVIIe siècle.

Au XVIIIe siècle l’église de compose de deux ailes entourant une voute soutenue par des colonnes, un schéma assez proche de ce qu’on retrouve dans la crypte. Elle s’étend sur une longueur de 31m et une largeur de 11m, le sanctuaire étant situé sur la crypte. Les murs sont recouverts de fresques qui seront retirées en 1669 sur ordonnance de l’archevêque de Bordeaux. On accède au choeur et à ses trois autels par deux escaliers contre les murs latéraux représentés dans la gravure de Léo Drouyn (La guyenne anglaise). Deux accès latéraux aujourd’hui fermés permettaient auparavant de descendre dans la crypte ( Il ne reste que deux arcs utilisés comme fenêtres aujourd’hui). Ils durent être modifié lors de la reconstruction de l’église au XIIe siècle en aménageant un accès central.

A partir de 1765, l’église connait la déchéance avec une destruction de la façade ouest par la foudre puis des pillages pendant la révolution de 1789. En 1823, elle est rasée.

La Crypte

Si vous passez à côté de ce monument, peut-être jugerez vous insignifiants ces vestiges. Pourtant il s’agit de l’une des quatre cryptes de Gironde, une structure très rare dans le département. Cette de la Basilique Saint-Seurin est la plus connu avec ses nombreux vestiges d’ossements.

Entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, la crypte semble être tombée dans l’oubli et il faudra des excavations pendant la démolition de l’église en 1823 pour qu’elle soit redécouverte. Les archéologues les plus influents et la société archéologique de Bordeaux n’en aurait été informés que vers 1840. Des relevés furent effectués relatant la très forte dégradation de l’édifice. Dans ses dimensions les plus importantes, elle n’excède jamais 10m de longueur et 6,25m de largeur.

Composée d’une nef et de deux bas-côté, elle a été modifiée lors de la reconstruction de l’église au XIIe siècle en passant d’une architecture à chevet droit à une architecture avec une abside centrale. Une petite marche la divise en deux parties, le sanctuaire au fond de la niche et le choeur.

Nous arrivons encore aujourd’hui à voir les vestiges des motifs géométriques originaux qui couvraient l’ensemble des murs.

La richesse de cette crypte se trouve sur les sculpture de ses chapiteaux, certains d’origine carolingienne (sur 18 d’entre eux) avec des gravures de lion et de griffon notamment, et d’autres datant de la période romane. A noter le linteau de la crypte qui présente de beaux motifs végétaux

Le monument aujourd’hui

Bien que librement accessible dans le domaine public, la crypte n’est pas accessible librement. Ella a bénéficié de restauration peu de temps après sa redécouverte en 1847 et sa description par Leo Drouyn en 1842. Les dégradations à cause des infiltrations d’eau et les nombreuses moisissures sur les murs n’ont été traitées qu’à partir de 2002. Ces campagnes ont permis de mettre au jour des scépultures datant du Haut Moyen-Age soit entre Ve et le Xe siècle. Depuis 2013 des restaurations sont à nouveau engagées et la crypte inaccessible.

Bibliographie

La Guienne anglaise : histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux, construits dans la Gironde pendant la domination anglaise, Bordeaux, 1860, page 618 , Leo Drouyn

Eglise Saint Saturnin de la Libarde, Wikipedia

Crypte dans la base mérimée

Auteur de l’article : La rédaction

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