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Usine et distillerie du Flamand (Saint-Isidore)

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Au XIXe siècle, les forêts du Médoc vivent leur heure de gloire. L’exploitation de la résine et du bois développe une activité florissante. La scierie le Flamand devient un acteur incontournable de cette économie dès sa création en 1863. Cette industrie verra son activité diminuer dans le 3e quart du 20e siècle avant de cesser toute activité en 1992. Aujourd’hui le site du Flamand de Saint-Isidore est une friche industrielle dont les derniers vestiges disparaissent visuellement les uns après les autres

Le site en 2018

Au milieu du XIXe siècle se développe  dans les forêts de la côte Aquitaine une industrie liée à l’exploitation des forêts de pin et au raffinage de la résine. Cette activité devient florissante. Le territoire reçoit progressivement de nouvelles infrastructures notamment de transport (Chemin de Fer). Des usines se construisent également pour la transformation de ces matières premières.

En 1863, la scierie le Flamand est construite sur la commune de Naujac-sur-Mer dans le hameau de Saint-Isidore. Elle est rapidement associée  à une distillerie de résine. La Société du Flamand, dont on retrouve encore trace dans la désignation de quelques lieu-dit dans le massif forestier, exploitent  6 000 hectares de Forêts. Les usines sont alimentées en électricité et en énergie motrice par une machine à vapeur. Les bâtiments sont en grande partie construits en bois avec une structure porteuse en béton (fondations) et acier.

L’activité est telle que l’usine doit s’étendre en 1914, en 1938 puis en 1949. Son électrification en 1940 lui permet de se moderniser. L’entreprise s’adapte aussi à l’évolution du marché et se restructure. Elle agrandit ses installations en 1956, 1960 puis 1970. Désormais sur un marché mondialisé, la scierie se reconvertit dans la fabrication de lambris et de lamellé-collé sur un marché qui est alors principalement trouvé à l’export dans la CEE. Jusqu’à la fin de son activité, l’usine exploitera des scies à ruban de marque Gillet (modèle 110) datant de 1914.

La scierie comprenait une installation de traitement de bois à La créosote (le traitement industriel préventif du bois contre les agressions d’insectes et de champignons, et de l’humidité) puis au Pentachlorophénate de sodium. La créosote est un composé cancérogène qui est interdit depuis 2018 à l’exception de l’usage pour les traverses de chemin de fer.

Dans les années 60, le commerce de la résine est en difficulté face aux dérivés de la chimie du pétrole. Face à cette baisse d’activité, la distillerie de résine doit fermer ses portes en 1967.

En 1978, une pollution accidentelle est détectée sur 30 kilomètres entre Naujac-sur-Mer et l’estuaire de la Gironde. Un déversement accidentel de PCPNa et de créosote entraîne la mortalité de la totalité de la faune aquatique  de Naujac, St Vivien, Vensac et Vendays Montalivet.

L’usine comprendra jusqu’à 120 ouvriers et 60 forestiers  en 1950. Ils étaient encore 103 en 1990. L’aciérie est liquidée le 30 juin 1992. Par arrêté du 09 juin 1993, le site fait l’objet d’une surveillance environnementale.

Bâtiments industriels en 2010 (Source Google Street View)

Inscrit à l’inventaire général du patrimoine culturel, la zone industrielle ne fait l’objet d’aucune préservation. En revanche, une pollution des sols a été détecté (Sur 1m de profondeur sur les 300m2 des installation de traitement) . Une dépollution et une réhabilitation du site sont à l’étude.  Entre 1997 et 2002, le site en partie traité par la fermeture des puits, la suppression des cuves de stockage des produits dangereux. En 2003, le site est cédé à un investisseur privé qui a souhaité y installer un centre de vacances. Le permis de lotir fut refusé et les obligations de dépollution rappelées. La vente fut alors cassée. Un nouveau projet voit la jour en 2014. Mais, il sera lui aussi abandonné compte tenu des contraintes en 2015.

 

Une cité ouvrière

Eloignée des grands centres urbain, l’usine utilise une main d’oeuvre avant tout locale. Avec l’extension de l’usine, il s’avère nécessaire de proposer des logements sur place pour de nouveaux ouvriers. Une cité ouvrière de 20 logements avec jardin est construite en 1914.

Cité ouvrière de 1914

La cité est agrandie avec 5 maisons doubles, un gymnase, une salle des fêtes et une école en 1938. 5 autres maisons seront ajoutées en 1949. Une chapelle sera même crée en 1960 à la place d’anciennes écuries.

Ancienne école

Le site du Flamant aujourd’hui

Aujourd’hui, nombre d’équipements ont disparus. L’école a fermé en 1985, le gymnase et la salle des fête ont été détruits. Les bâtiments industriels sont à 95% démolis. Le site est pour l’heure laissé à l’abandon et en proie à la végétation.

En 2010, nombre de bâtiments étaient encore debout bien qu’écroulés pour certains. En août 2018, il ne subsistait que quelques bâtiments épars. Le gros des structures industrielles a aujourd’hui disparu, à l’exception des soubassements.

Bâtiments industriels en 2010 (Source Google Street View)

L’école et les deux dernières tranches de maisons doubles (1938 et 1949) sont situées route du Pin Sec. La première cité ouvrière se situe derrière le site de l’usine dans l’impasse des jardins.

La zone de créosotage est aujourd’hui déclarée inconstructible. La construction de  bâtiments, l’installation de réseaux et les plantations d’arbres sont interdits.

Bibliographie

BASOL – Ministère de l’environnement : https://basol.developpement-durable.gouv.fr/fiche.php?page=1&index_sp=33.0015

 

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Auteur de l’article : admin

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