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Abbaye Sainte-Croix (Bordeaux)

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L’Abbaye Sainte-Croix est la première établie à Bordeaux. A sa fondation elle se situait à 1km de la ville dans une zone de marécages. Elle n’a été englobée derrière les fortifications que lors de la construction de la dernière enceinte de la ville. Elle est souvent associé au culte de Saint-Mommolin.

Présentation

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Fondée au VIIe siècle, la paroisse de Sainte-Croix dispose d’un premier édifice qui sera détruit en 732 par les Sarrasins. Elle s’établit sur un petit promontoire au milieu d’une zone de marécage au bord du bras le plus important de l’Eau Bourde, l’Estey Sainte-Croix. L’église actuelle date pour partie du XIe siècle. Son aspect a été profondément altérée par des restauration du XIXe siècle qui lui ont donné un peu plus de symétrie. Cette restauration fut particulièrement décriée, ses modifications ayant profondément modifié le visage de l’église romane.

L’abbaye est associée à Saint Mommolin, qui y fit une escale de retour de Pèlerinage et qui y mourra.

Qui est Saint-Mommolin ?

Saint Mommolin est un abbé ayant vécu sous les Mérovingiens, second Abbé de l’Abbaye de Fleury à Saint-Benoit-sur-Loire. Il y officie pendant 30 ans de septembre 632 à janvier 663. Il fera transféré dans son Abbaye les restes de Benoît de Nursir depuis l’Abbaye du Mont-Cassin (Italie). Il voie la fin de son existence au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle et y reviendra épuisé. On associé son retour à un miracle, celui d’avoir fait surgir à Aureilhan une source qui lui valut ensuite de voir sa grandir sa réputation de sainteté. Recueilli par les bénédictins de Sainte-Croix en 679 (ou 678), il meurt à Bordeaux un 8 août mais sans qu’on puisse préciser avec certitude s’il s’agit de la même année ou de la suivante. On sait seulement que sa villégiature dans l’Abbaye de Sainte-Croix fut de courte durée.

Histoire

La fondation de l’Abbaye

La date de la fondation de l’Abbaye est très incertaine et est souvent attribuée à Sainte-Clothilde au VIIe siècle. Il n’existe à ce jour aucun manuscrit qui décrit les premières heures de cette abbaye et son quotidien. En revanche, nous disposons d’un repère historique puisque selon plusieurs ouvrages Saint Mommolin est accueilli par les bénédictins à Sainte-Croix en 679. Tout juste pouvons nous dire aujourd’hui que l’établissement d’une communauté ecclésiastique remonte à l’époque Mérovingienne. La tradition veut que, l’établissement est détruit en 732 par les Sarrazins. L’abbaye est reconstruite comme le dit la tradition par Charlemagne mais aucun document ne l’atteste. Il est possible que ce soit son fils, le futur Louis Le Pieux, alors gouverneur d’Aquitaine, qui en fut l’investigateur.

Cette reconstruction fut réduite à néant lors des invasions normandes soir lors des deux invasions normandes de 848 ou de 864 ou lors des des attaques pirates de 855. A l’issue des ces trois vagues, Bordeaux fut totalement dévasté comme l’Aquitaine. Les chroniques indique d’après une courte période un nouvel oratoire fut élevé sur les ruines de l’Abbaye. Une bulle d’urbain II du 27 avril 1099 parle de la reconstruction de l’Abbaye par Guillaume Comte de Bordeaux. La date de cette reconstruction n’est pas établie avec précision mais elle doit se située avant la fin du Xe comme le suppose A. Chauliac dans son ouvrage plusieurs autres références historiques semblant l’attester comme la question de la possession de Soulac (1080), de celle de l’église de Saint-Macaire (1039). Il semble peut opportun d’affirmer que la reconstruction eu lieu alors que les hordes normandes et hongroises continuaient à déferler sur nos côtes et sur l’Aquitaine. Un écrit anonyme signale l’état de désolation de l’Abbaye en 970.

Selon toute probabilité, la véritable fondation de l’Abbaye se situe avant de la construction de l’église romane actuelle, datée du XIe siècle.

Développement de l’Abbaye

Le rayonnement de l’Abbaye se développe au XIe siècle. Ainsi par un acte de 1039, on peut noter qu’elle entreprend la construction de l’Eglise de Saint-Macaire. Il n’est pas clairement établi comment la donation a été définie, mais le 25 mars 1096, les chanoines de Saint-Croix voudront voir cette donation confirmée. Il le feront à plusieurs autres reprises en 1174, 1199, 1234 et 1243. Henri III confirme bien en 1243 avoir vu la charte de donation et la renouvelle.

A l’entrée du XIe, l’Abbaye est composée de 13 moines et de l’Abbé. Elie qui sont au centre d’un domaine qui va s’étendre à la fin du siècle de l’Estey à la rue de Bègles, la rue Clare (près du marché des Capucins) et la rue des Allamandiers (devant la Basilique Saint-Michel). La date de leur établissement est bien antérieure à 1022, date à laquelle, il est fait mention d’un nouvel Abbé, l’Abbé Gombaud. Ce vaste espace au bord du fleuve ne pouvait être entretenu par une si petite communauté. Le domaine était occupé par des paysans qui y cultivaient la vigne et des céréales. La communauté religieuse continua à percevoir les taxes comme les seigneurs précédents.

S’il est difficile de confirmer une fois encore une date précise, Soulac entre dans le courant du XIe siècle sous l’autorité de Sainte-Croix. Le pape Benoit IX confirme dans une bulle de 1035 cette possession. Comme le fit l’Abbé Elie, l’Abbé Gombaud impose la domination de sa communauté en établissant des Prieurés, comme il le fait en 1043 à Saint-Macaire (Prieuré Saint-Sauveur), puis à Macau.

Pour gérer ses possessions, la communauté fut divisée entre Sainte-Croix, Soulac (Notre-Dame-de-Fin-des-Terres) et le nouveau prieuré Saint-Hilaire du Taillan entré sous le giron de l’Abbaye toujours dans ce XIe siècle. A Soulac, l’Abbaye tire des revenus de l’exploitation de salines et de la forêt et bénéficie du droit de naufrage. A la fin du Xie siècle, la communauté s’est étoffée et est en mesure de prendre place dans toujours plus de fiefs.

Entre 1060 et 1090, l’Abbaye reçoit tous les droits sur l’Eglise Saint-Michel située en bordure de son domaine. Puis en 1099 un certain Fort Gosselin apporte en donation les églises de Carcans, Saint-Hélène et Lacanau couvrant un territoire qui va jusqu’à Blanquefort et Saint-Médard-en-Jalles.

Entre la fin du XIe siècle et le début du XIIe, la communauté entreprit la construction de l’église actuelle. Elle est souvent associé à l’Abbé Foulques mais il y a des éléments historiques qui instaurent un doute. Sa mort qui est précisée vers 1120 doit être antérieure à la fin de la construction de l’église. L’établissement d’une paroisse au sein de l’Abbaye confirme qu’elle étaot terminée en 1130.

XIIe au XVe siècle

La renommée de l’Abbaye est grandissante et reçoit de nombreuses donations. Mais au tournant du XIIe siècle, elle s’attache avant tout à faire confirmer ses possessions et privilèges. Elle sortira de ce siècle grandie et enrichie.

En 1111, elle reçoit de Raimond de Lignan des terres à Sadirac à proximité de son église. Elle y fonde un prieuré. On recense ainsi sur toute l’Aquitaine de nombreuses possession qui vieent grossir à partir du XIIe siècle le rayonnement de l’Abbaye : Montauriol (Dordogne), Saint-Pierre de Vensac (1131), Saint-Martin de Saint-Vivien (1131), Eglise Saint-Nicolas sur l’Ile de Grave, domaine de Lastrille (Saint-Martin-de-Ludon), terres et bois de la lande de Corn (Arsac). En 1179, l’Abbaye établi une maison hospitalière à Corn.

XVIe siècle à la révolution

Depuis son établissement dans le Prieuré Saint Sauveur de Saint-Macaire, la communauté n’a cessé de prospérer au point où les moines détachés eurent très vite l’envie de vivre en autonomie. Au XVIe siècle, il y parviendront en rejoignant les Jésuites. Mais au XVIe siècle, la’Abbaye perd un peu de son rayonnement, même si les Abbés jouissent à certains endroit de titres de noblesses, comme à Macau ( Barons).

Pendant la révolution française de nombreuses terres sont reprises à l’église. Ainsi l’Abbaye de Sainte-Croix doit abandonner le Prieuré de Sadirac en 1790 tout comme celui de Montauriol, qui est dissout.

Aujourd’hui

Le 30 septembre 2016 lors des travaux devant le parvis de l’Eglise Sainte-Croix les archéologues mirent au jour les vestiges d’un cimetière mérovingien dont la datation a estimé sa fondation vers le Ve/VIe siècle de notre ère. Cela n’atteste qu’une présence religieuse à cette époque mais ne donne pas d’indication supplémentaire sur la fondation de l’Abbaye.

Architecture et possessions

Possessions

XIe siècle : Prieuré du Taillan, Notre-dame-de-Fin-des-Terres de Soulac et ses possessions, Saint-Macaire, Macau

Bibliographie
Histoire de l’Abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux, A. Chauliac, 1910

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Auteur de l’article : La rédaction

3 commentaires sur “Abbaye Sainte-Croix (Bordeaux)

    Val de l’Eau Bourde : C'est En France

    (6 Oct ’16 - 10 h 22 min)

    […] Dans l’histoire contemporaine (XIXe et XXe siècle), nombreux sont ceux qui rapportent les débordements de cet Estey dans les caves des échoppes autour de la Barrière de Bègles. Après avoir traversé les Boulevards, il rejoint par le Pont du Gui, la Gare Saint-Jean puis longe le bord des Remparts de Bordeaux (Rue Peyronnet). L’Estey Sainte-Croix se déverse vers la Garonne le long de cette dernière ligne de rempart de la ville de Bordeaux, face à l’Abbaye Sainte-Croix. […]

    […] de l’Abbaye Sainte-Croix de Bordeaux, l’église Sainte-Eulalie de Lignan-de-Bordeaux a été construite au début du XIIe siècle. […]

    Gironde – C'est En France

    (21 Mai ’18 - 21 h 55 min)

    […] national, les prieures et abbayes ont une grand place dans le paysage du département. Les abbayes Sainte-Croix de Bordeaux, de la Sauve-majeure, de Saint-Pierre de l’Isle, de Vertheuil ou de Blasimon furent parmi […]

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