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Val de l’Eau Bourde

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Véritable trouée de verdure dans le sud de l’agglomération bordelaise, le Val de l’Eau Bourde a gardé une partie de son aspect sauvage. Sur plus de 22km, s’écoule un petit cours d’eau, l’Eau Bourde, un affluent de la Garonne. Réputé pour ses moulins, il est aujourd’hui un lieu de promenade très prisé.

Description

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L’Eau Bourde se subdivise en trois Estey dès le Moyen-Age. Depuis la canalisation de l’Estey de Tartifume/Lugan (sur la commune de Villenave-d’Ornon), il ne comporte plus que deux bras (Estey de Francs et Estey Sainte-Croix) canalisés sur leurs partie avale. L’Eau Bourde se jette dans la Garonne au lieu dit « Clos de Hilde », où se situe aujourd’hui l’usine de retraitement des eaux de la CUB, à proximité du Port de Bègles et des Hangars Blériot.

Si la partie correspondant aujourd’hui aux trois Esteys est noyée dans le tissu urbain et en partie canalisée dans le sol, on peut remonter son cour facilement depuis Gradignan jusqu’à sa source à Cestas. Une zone boisée permet de circuler à pied et à vélo en toute sécurité et de suivre son tracé.

L’eau Bourde

A partir du Moyen-Age, le lit de l’Eau Bourde voit le développement de près d’une dizaine de moulins qui seront exploités de cette époque jusqu’au XIXe siècle. Ils produisent de la farine pour le pain forain vendu sur le marché à Bordeaux près de l’église Sainte-Colombe. Cette église située dans le quartier Saint-Eloi au niveau de la rue Sainte Colombe a disparu définitivement en 1854.

On retrouvait ainsi de Canejan et Bègles, une succession de bâtiments industriels faisant face à des châteaux ou des maisons nobles. A Gradignan, l’Eau Bourde traverse le domaine du Prieuré de Cayac, établissement hospitalier sur la route de Saint Jacques-de-Compostelle.

Plusieurs de ces moulins ont aujourd’hui disparu, dont celui du Prieuré de Cayac et celui de Peyrelongue situé dans le Parc du Petit séminaire (Parc de Mussonville) sur l’Estey Sainte-Croix.

L’eau Bourde se sépare en trois Estey entre Gradignan et Talence qui chacun va se déverser dans la Garonne, deux sur la commune de Bègles et un à Bordeaux. L’estey de Franc, se déverse à proximité du Château de Francs, ancienne forteresse médiévale de Bègles. Celui de Lugan/Tartifume serpente dans un périmètre proche de l’actuel Port de Bègles. Quant à Estey Sainte-Croix, identifié dans des cartes anciennes cartes de la ville de Bègles (dont celles du XVIIIe siècle et de 1894) comme « Estey de Bègles » il passe au niveau du Quartier de la Ferrade.

Dans l’histoire contemporaine (XIXe et XXe siècle), nombreux sont ceux qui rapportent les débordements de cet Estey dans les caves des échoppes autour de la Barrière de Bègles. Après avoir traversé les Boulevards, il rejoint par le Pont du Gui, la Gare Saint-Jean puis longe le bord des Remparts de Bordeaux (Rue Peyronnet). L’Estey Sainte-Croix se déverse vers la Garonne le long de cette dernière ligne de rempart de la ville de Bordeaux, face à l’Abbaye Sainte-Croix.

On trouve trace dans les archives d’au moins un moulin à proximité des remparts. Il est probable que le Moulin de Saigon, situé rue de Saïgon ait été alimenté par un bras ou un canal en provenance de cet Estey.

A partir de la fin du XIXe siècle, l’activité meunière est en perdition et les moulins vont tour à tour fermer. L’organisation des zones de captage d’eau autour de Bordeaux modifie également la géographie du Val de l’Eau Bourde notamment entre Villenave d’Ornon et Bègles. Plus entretenue, l’Eau Bourde est à l’aube des années 1970, un égout à ciel ouvert, pour reprendre le terme consacré. Il faut attendre 1990 et la nomination d’une garde-rivière municipale à Gradignan pour retrouver une surveillance efficace de la qualité de l’Eau Bourde et un suivi de son entretien. Sur la portion entre Cestas et Canéjan, cette rivière est gérée par  la Communauté de communes Jalle Eau Bourde (créée en 2013).

Les moulins

Le moulin d’Ornon

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Ce moulin est construit au confluent de l’Eau Bourde et du ruisseau du Pontet. Comme les autres moulins sur l’Eau Bourde il a été conçu pour moudre de la farine. Cette activité a été maintenue jusqu’au début du XIXe siècle. Il fut utilisé pour pulvériser du Silex en 1860 et fabriquer des tapis (en 1878). Le moulin ne va pas évoluer jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il a bénéficié d’un nouveau système de vannes à la fin du XIXe siècle permettant de maintenir un niveau d’eau presque constant. Le Moulin fut utilisé un temps pour l’élevage des truites puis pour une expérimentation d’élevage d’écrevisses (1981). Le moulin a été reconverti par la mairie de Gradignan en bâtiment associatif.

Moulin de Monjous

Moulin de Montgaillard

Moulin Sainte-Croix

 

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Auteur de l’article : La rédaction

7 commentaires sur “Val de l’Eau Bourde

    […] domaine est traversé par l’Estey de Francs, bras de l’Eau Bourde, petite rivière qui prend sa source à 22km de là à […]

    […] La digne de chemin de fer est déclassée en 1975 et va être rachetée par la Conseil Général de la Gironde pour la transformer en voie verte. Elle prend le nom du champion cycliste girondin, Roger Lapébie qui remporta en 1937 le Tour de France. Si la ligne de chemin de fer s’arrêtait à Latresne, la voie verte se prolonge jusqu’à Bègles à côté de l’incinérateur de la CUB et à proximité de l’embouchure de l’Eau Bourde. […]

    […] promontoire au milieu d’une zone de marécage au bord du bras le plus important de l’Eau Bourde, l’Estey Sainte-Croix. L’église actuelle date pour partie du XIe siècle. Son aspect a […]

    […] Au XVIIIe siècle, c’est un vaste domaine agricole qui s’étend autour de l’Estey Sainte-Croix et du Val de l’Eau-Bourde. […]

    […] le moulin de Peyrelongue était l’un des nombreux moulins construit le long de l’Eau Bourde, petit ruisseau qui se jette dans la Garonne  par plusieurs ramifications (Esteys). Le moulin […]

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