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Château de Budos

Sujets de l'article : Chateau fort

Situé à l’écart du village de Budos, la forteresse présente un plan carré caractéristique des places d’armes du XIVe siècle au Gironde. Inscrit monument historique depuis 1988, il fait l’objet de campagnes de préservation annuelles grâce à l’association Adichats.

Historique
En venant de la vallée du Ciron, on ne peut pas manquer la stature majestueuse de la forteresse de Budos, son plan rectangulaire et ses quatre tours d’angle. Ses hauts murs émergent d’un environnement de vignes et de champs de maïs. Ce château a l’étrangeté de disposer de deux façades relativement bien préservée et deux autres totalement éventrées. Le château est en temps normal fermé mais peut se visiter lors des journées du patrimoine ou à l’occasion de manifestations locales.

Un premier château aurait été construit dans la seconde partie du XIIIe siècle. Cette construction est très peu connue et devait plutôt s’apparenter à une maison noble aux dimensions réduites. En 1306,  Raymond Guilhem de Budos, son seigneur et neveu du Pape Clément V demande au roi d’Angleterre, Edouard Ier le droit d’en étendre les fortifications. Le château adopte le plan actuel dérivé de celui du château de Villandraut.

Le roi d’Angleterre récupère le château vers 1422/23 et le confie à Pons, seigneur de Castillon. Le château passe dans les mains du duc de Gloucester vers 1433 puis du comte de Foix, Gaston IV de Foix-Béarn en 1446-47. La famille de Budos qui avait été dépossédée du château après son alliance avec la couronne de France récupère son fief après la fuite des anglais.

Raymond de La Roque rachète le château en 1571 à la famille des Budos. Le château qui avait été en grande partie épargné jusque là est assiégé pendant la Fronde (1652). Le château est pillé et ses archives brûlées. Les La Roque en resteront propriétaires jusqu’à la Révolution Française.

Récupéré à la Révolution comme bien national, il sert de carrière de pierre et est utilisé pour la construction de digues autour du Ciron. On doit la préservation des vestiges actuels du château à Léo Drouyn, membre de la Société Archéologique de Bordeaux. Il fournit en 1841 un signalement à la commission des Monuments historiques de la Gironde et les extractions sont stoppées.

En 1860, les descendants de La Roque redeviennent propriétaires du château. Classé monument historique en 1988, il accueille des camps de jeunes qui oeuvrent à la stabilisation de l’édifice.

Architecture

Si le gros des vestiges date du XIVe siècle, la château a subit de nombreuses modifications et restaurations entre le XVIe et la fin du XVIIIe siècle.

Le plan de la cour est rectangulaire et les fortifications dessinent un périmètre de 46m sur 56m. A chaque angle on retrouve une tour haute de 20m composée de trois étages. Elles ont la particularité d’être circulaires (diamètre de 7,5m) pour trois d’entrée elles et une quadrangulaire, ce qui les distingue de celles de Villandraut. La quatrième recevait un pigeonnier.

On retrouve tous les symboles de l’architecture militaire du XIVe siècle avec des archères cruciformes (Elles ont été modifiées ultérieurement pour permettre le tir au mousquets – partie centrale circulaire) et une plateforme supérieure crénelée.

On pénètre dans le château par une tour carrée après avoir passé un pont levis et une herse. Elle est elle même surmontée d’une autre tour dont une partie de l’assise se trouve sur les communs. Chaque flanc devait comporter une tour similaire en affleurement du mur. Le mur opposé à l’entrée comporte encore l’élévation d’un mur extérieur d’une tour rectangulaire.

Autour du château un fossé large de 20m et profond de 10m complétait l’arsenal défensif du château. Les douves étaient alimentées par la source de Budos qui dessert aujourd’hui Bordeaux en eau potable.

Les murs présentent plusieurs stades d’élévation. En leur sommet un chemin de ronde permet de compléter la défense du château. Plusieurs latrines encore visibles aujourd’hui au niveau de l’enceinte.

La cour est aujourd’hui relativement plane. Les campagnes archéologiques ont permis d’établie qu’elledevait être composée de plusieurs terrasses successives (paliers). Elle a depuis été remblayée. Outre les communs prenant forme d’un U, le château comportait des pièces de stockages enterrées pour les denrées, la poudre et les armes.

A l’extérieur du château on retrouve à 300m à l’ouest  au milieu des vignes, une glaciaire qui dépendait du château. Elle dispose d’un toit en chapeau chinois et d’un appareil en pierre de bonne facture.

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Auteur de l’article : La rédaction

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