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Abbaye de la Sauve Majeure

Sujets de l'article : Aliénor d'Aquitaine

Au coeur de l’Entre-deux-Mers, l’Abbaye de la Sauve Majeure est connue sous le nom de « Grande Sauve » ou « Sauve Majeure », Sauve désignant en vieux français « bois ». Sa fondation remonte à 1079. Elle reste un beau témoignage de l’art roman en Gironde même s’il n’en subsiste que les vestiges des nombreuses sculptures sur les chapiteaux des colonnes encore debout.

Présentation
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Présente sous la forme d’une église abbatiale, lors de sa fondation, elle va étendre son rayonnement et se développe sur le modèle des grandes Abbayes françaises. Elle va étendre son emprise 51 prieurés et même jusqu’à Bruwell en Angleterre. Les destructions subies pendant la guerre de Cent Ans seront en partie comblées au XVIIe siècle mais les aléas climatiques l’endommageront à nouveau. Transformée en prison après la révolution et après diverses utilisations, le site devient un site national en 1960, permettant des travaux de sauvegarde.

Aujourd’hui, l’Abbaye est un lieu de ballade intéressant qui rappelle le rayonnement de l’église au Moyen-Age. Ruinée en grande partie, elle ne restitue cependant qu’une évocation des bâtiments d’origine.

Historique

L’histoire raconte qu’elle aurait été fondée en 1079 par le duc d’Aquitaine et Saint Gérard. Ce dernier, abbé Gérard de Corbie avant sa canonisation, crée au lieu-dit de Hauteville, Notre Dame de la Grande Sauve. Son nom est alors tiré du nom de la forêt qui s’étend à cette époque en Entre-Deux-Mers (Inter duo Maria) appelée la Silva Major.

La première construction se limite à une église abbatiale mais avec l’aide de donateurs locaux, du duc Guillaume VIII d’Aquitaine et du Pape, l’Abbaye s’étend rapidement. Sa présence sur le chemin qui mène à Compostelle favorise son développement. Pendant longtemps la Sauve sera le point de départ régional pour le pèlerinage.

L’abbé Gérard y meurt en 1095. Il sera canonisé en 1197 par le pape Célestin III.

En 1231 une nouvelle église (l’actuelle) est consacrée. L’abbaye se développe sur le modèle des grandes Abbayes française, à l’image de celle de Cluny. Régie par règle de Saint Benoît, la puissance de la Sauve majeure au Moyen-Age est indéniable. On recense parmi ses terres, 51 prieurés allant jusqu’à Bruwell en Angleterre. L’Abbaye de Blasimon à proximité en fait partie. Des écrits l’attestent et ceci depuis 1166. Vers 1186, l’abbaye recevra également le prieuré de Saint-Anne à Capian de la part des chanoines de Bonnefons.

Son rayonnement fait le l’ombre à Bordeaux et Aliénor d’Aquitaine y fera de nombreux séjours. Sa richesse en fait un lieu de convoitise pour bandits, brigands et pillards. De nombreux raids basques et navarrais ravagent à plusieurs reprise l’Abbaye. Et les révoltes locales, des bourgeois de la Sauve ne furent pas en reste sur ce point. L’Abbaye n’échappe pas aux destructions de la Guerre de Cent Ans (entre 1337 à 1453).

Au XVIe siècle, des restaurations sont effectuées mais face aux rivalités avec les bastides toutes proches et notamment celle de Créon, l’Abbaye commence son déclin.

En 1665, les toitures sont très fortement endommagées par une tempête. Ces destruction irrémédiables causent l’écroulement du clocher à la fin du XVIIIe siècle. Puis en 1759, en tremblement de terre cause de nouvelles destructions dans l’église.

Confisquée pendant la Révolution française, l’Abbaye et ses richesses sont dispersées. Elle devient en 1793, une prison. Le penque de préservation des bâtiments ne peut arrêter les dégradations du temps et les voûtes de l’église s’écroulent en [[1809]]. Débute alors son exploitation comme carrière et ceci durant quatre décennies.

Il faut attendre [[1837]] et le rachat des bâtiments par l’archevêque pour revoir une vie près de l’Abbaye. En [[1840]], elle est classée au titre des monuments historiques. Un collège de jésuites y est construit, transformé plus tard en école normale d’instituteurs. Détruite en [[1910]], l’école et le site sont abandonnés.

Pendant la première guerre mondiale ([[1914]]-[[1918]], les bâtiments de l’Abbaye sont utilisés comme hôpital militaire de campagne.

Finalement la sauvegarde du site débute en [[1960]] après la récupération du site par l’État et le Ministère des Affaires Culturelles. Des travaux de consolidations sont alors entrepris. L’Abbaye de la Sauve Majeure est le seule site en Gironde, avec la grotte de Pair-non-Pair, géré par le Centre des monuments nationaux.

L’abbaye a été classée en décembre [[1998]] au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

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Auteur de l’article : admin

2 commentaires sur “Abbaye de la Sauve Majeure

    […] à Bonnefons. Mais leur mauvaise fortune vont les conduire à céder le prieuré à l’Abbaye de la Sauve Majeure vers 1186. En 1190, le pape Clément III et Richard d’Angleterre ratifièrent le traité fait […]

    […] Située au port de Paillet en Entre-deux-Mers, cette belle maison a une histoire assez mal connue. Selon des sources historique elle aurait été un logis dépendant de l’Abbaye de la Sauve Majeure. […]

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