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Aqueduc de Gorze à Metz

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Le développement de Divodurum (Metz) et la présence de près de 20.000 habitants au IIe siècle nécessitaient de nombreuses infrastructures d’approvisionnement et en particulier en eau. Pour alimenter les nombreuses fontaines, termes, latrines et ateliers, il a été nécessaire de construire un aqueduc sur 22km pour acheminer l’eau venant de la source des Bouillons près de Gorze. De l’aqueduc, il ne subsiste aujourd’hui que quelques arches et des conduits souterrains.

Image Google StreetView

Les thermes du Carmel sont des vestiges importants de la période romaine à Metz. Ils permettent de replacer le contexte de l’alimentation et des besoins en eau à  cette époque. La aussi, il a fallu construire de grands ouvrages d’art pour acheminer la précieuse eau sur près de 22 kilomètres.

Contrairement à l’image d’Epinal, un aqueduc ne se dessine pas uniquement en aérien. Cet aqueduc en est la meilleure des preuves puisqu’il se déploie sur 20,7km de souterrains et 1,125km en aérien entre Ars-sur-Moselle et Jouy-aux-Arches. L’aqueduc part de la source qui est à 208m d’altitude pour rejoindre Metz à une altitude de 184m.

Sur la partie aérienne on retrouve un pont à arcade relativement massif qui comprenait à l’origine entre 110 et 120 arches dont il ne subsiste que 23 arcs non contigus. Le tracés de l’Aqueduc jusqu’à Metz est plutôt bien connu mais traverse aujourd’hui des infrastructures plus récentes. Seul sont tracé depuis la Seille jusqu’au centre de Metz est très incertain.

Principaux vestiges

  • à Ars-sur-Moselle : trois sections, une de deux arcs, une de cinq arc et une pile isolée
  • à Jouy-aux-Arches : une section de seize arc continus, un bassin collecteur
  • entre Gorze et Novéant-sur-Moselle : une partie du souterrain

Tracé de l’Aqueduc

L’aqueduc a un tracé relativement sinueux loin de cette idée du tracé rectiligne qu’on retrouve sur les grands ouvrages d’art aériens. La conduite est permet de s’y déplacer pour l’entretien avec une largeur de 1m20 et une hauteur de 1m80. Elles est couverte par une voûte en plein cintre et composée de murs en briques. L’étanchéité est assurée par du mortier et des regards permettaient d’en assurer l’entretien.

Les principaux ouvrages

  • conduite souterraine : la conduite est relativement bien connue et comprend certains vestiges en affleurement du sol. Elle traverse après Jouy l’aérodrome de Frescary pour arriver à Metz par Montigny à proximité de l’Amphithéâtre. Au delà le tracé n’est pas clairement déterminé.
  • bassin de décantation : situé à Ars-en-Moselle en amont du pont-aqueduc, ce bassin intermédiaire permettait de réceptionner les eaux, de les faire se décanter et de réguler le débit. Ce réservoir de 1,3m de profondeur sur une surface de 14m2 (4,4×3,2m) réceptionnait également l’eau d’un ruisseau et libérait ensuite l’eau après une petite chute et un virage à 90° vers les deux conduites du pont-aqueduc, chacune de 85cm de large. L’excédent était envoyé vers le village.
  • pont-aqueduc : depuis le déversoir les deux conduites permettent à l’eau de traverser la Moselle. Sur une longueur de 1,1km il surplombe l’eau sur environ 630m. Au plus haut les arches ont une hauteur de 30m. Les piliers de forme carrée sont séparés de 12m environ. La construction avec deux conduits permettaient d’augmenter la résistance de l’ouvrage en limitant la pression sur les parois. Même si ce n’est pas perceptible à l’oeil nu, la conduite adoptait une forte pente (4m sur les 1100m). Les bâtisseurs romains ont du faire face aux compromis d’une part pour éviter le gel en hiver et les dépôts de sable (pente) mais aussi faire face à l’usure des parois (débit de l’eau). Au sommet une couverture assurait la protection face aux intempéries.
  • bassin collecteur : situé à la sortie du pont-aqueduc, cette structure à une double vocation, réduire le fort courant du à la pente du pont-aqueduc et préserver la pureté de l’eau. Afin de résister aux contraintes techniques (pression, courant), il est composé d’un large mur (6m) entourant un bassin circulaire de 2,2m de diamètre. La forme en creux permet à l’eau de tourbillionner.

 

 

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Auteur de l’article : La rédaction

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