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Funiculaire de Bregille (Besançon)

Sujets de l'article : funiculaire de bregille

Le funiculaire Brégille permettait de relier le bas au haut de la Colline de Bregille. Entré en exploitation en 1912, il n’est plus en exploitation depuis 1987. Aujourd’hui, une association travaille à sa réhabilitation avec la Marie de Besançon.

Présentation
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Installé grâce au développement du plateau de Bregille et du quartier de la Mouillère, le funiculaire de Bregille connaitra les mêmes déboire que d’autres équipements similaires en raison du développement de la circulation automobile. Désaffecté en 1987, il fait l’objet d’un plan de sauvegarde qui devrait lui permettre de circuler lors d’occasions spéciales.

 

Histoire

XIXe siècle

Nous sommes à la fin du XIXe siècle. Le plateau de Bregille connait un fort développement et plus particulièrement au niveau du quartier de la Mouillère. Le petit village se mue rapidement en un lieu très couru avec  l’implantation de la Gare de Besançon-la Mouillère en 1884. En 1892, un complexe thermal, Bains salins de La Mouillère s’y installe. Rapidement la municipalité envisage l’installation d’hôtels, de stations de cure d’air, Restaurants et autres commerces. En 1899, pour en faciliter l’accès, Émile Picard, propriétaire du lateau de Bregille, propose la construction d’un funiculaire de 300 mètres de long, reliant le bas et le haut de Bregille. Le projet n’est toutefois pas adopté et l’idée est abandonnée en 1902.

1905-1918

Un second projet est proposé par l’industriel en 1905. Le projet est plus vaste et prévoir une ligne à crémaillère longue de 762 mètres. Très couteux à mettre en oeuvre, le projet est découpé en deux portions.

  • une portion de 462 mètres sur la partie ou le dénivelé est le plus important
  • une ligne de Tramway, mais dont la construction est soumise à une exigence de densité de population.

Le projet est lancé en 1908 et les premiers travaux débutent fin 1910-début 1911. Les travaux sont rapides et le début de l’exploitation s’effectue le 23 novembre 1912, au lieu du 1er juillet 1912 comme initialement prévu. La gestion de la ligne est confiée à Compagnie des tramways électriques au plateau de Beauregard, dont le propriétaire est Émile Picard.

La guerre s’invite et seule l’année 1913 sera bénéficiaire. De nombreuses interruptions de service interviennent durant la période 19141918, faute de personnel. L’attrait touristique du plateau est également réduit par la transformation des bains en centre de soins pour les blessés de la guerre.

1919-1945

L’après guerre confirme le bien fondé de cette construction. Facilitant l’accès au centre ville, il va favoriser le développement des constructions sur le plateau de Bregille. Emile Picard en profite pour faire de gros bénéfices grâce à la vente de terrain et à l’augmentation de la fréquentation du funiculaire. En 1925, 176.000 passagers l’emprunteront. La fréquence s’établit alors à un voyage tous les quarts d’heure tous les jours. La funiculaire est un lien commercial indéniable favorisant les échanges entre le haut et le bas de la colline. Boulangers et viticulteurs en font un mode de transport privilégié.

le développement de l’automobile entretient la baisse de la fréquentation et les comptes d’exploitation commencent à virer dans le rouge. Le coup de grâce est porté par le Front populaire en 1936 qui oblige le recrutement de personnel supplémentaire et une nette augmentation des salaires. Pour équilibrer ses comptes, la Compagnie doit s’endetter auprès de la ville de Besançon. La fin de l’exploitation semble être l’ultime solution mais finalement une convention de rachat avec la ville est signée en novembre 1942. La compagnie disparait et la Régie du funiculaire de Bregille est créé.

Le 15 juillet 1943, des bombardiers anglais de type Halifax Pathfinder partis pour bombarder les usines Peugeot de Sochaux, prennent comme cible Besançon. Un combat aérien débute entre un avion éclaireur anglais et un chasseur allemand. Le chasseur anglais est abattu sur sur la gare de Besançon-Viotte. S’en suit un véritable combat aérien entre plusieurs chasseurs anglais et allemands. L’évitement central du funiculaire est touché mais le reste du matériel (et les gares sont épargnées). Il faudra attendre janvier 1945 pour voir la reprise de l’exploitation.

1945-1987

Après la libération, le manque de moyens de transport soutient l’activité du Funiculaire qui connaitra jusqu’à 220.000 voyageur par an (en 1948). Comme pour d’autres ouvrages en France, les modifications des modes de transports des français et le développement des déplacements en voiture. La baisse de la fréquentation s’accélère passant de 150.000 voyageurs en 1957  à 40.000 en 1979. Il faut dire que la mise en place d’une ligne de bus desservant la Colline de Bregille en 1976 n’a fait que précipiter sa chute.

L’activité reste toutefois maintenue tous les jours (sauf le 1er mai) suite à une délibération du conseil municipal en 1980. Des travaux de modernisation des voitures sont même effectués. Malgré cela, on ne compte plus que 25.000 passagers en 1982. Une décision importante permet de renouer avec un certain succès. Les abonnés des transports urbain bénéficient à partir de 1983 de la gratuité du funiculaire et dès la premier année, plus de 40.000 voyageurs l’auront utilisé.

En mars 1987, les voies du funiculaire sont rénovées. Mais, son exploitation va tout de même être stoppée le 27 mai 1987.

Le funiculaire aujourd’hui
Des études sont alors effectuées pour déterminer le coût d’une remise en état totale du funiculaire. C’est une ardoise de 1.500.000 F qui devrait alors être engagée. En janvier 1988, les voitures sont déposées et entreposées dans des hangars municipaux. Afin d’éviter les dégradations, la gare haute est confiée à l’office municipal HLM pour louer l’ancien logement du mécanicien.

Le 9 décembre 2005, l’association Les Amis du Funiculaire de Besançon est crée par un étudiant passionné par le funiculaire, Alexandre Jury. De là commence une belle aventure qui va favoriser la rénovation de la voiture n°2 et de la gare basse avec l’entreprise de réinsertion Alternative Chantiers. Les 15 et 16 septembre 2007, la gare et la voiture ont pu être présentés à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

Aujourd’hui, l’association travaille à la réhabilitation de la gare haute et ébauche le projet d’une remise en service à l’occasion d’évènements ponctuels. Le funiculaire a été classé au titre des Monuments Historiques par l’arrêté du 27 janvier 2011.

Caractéristiques techniques
Le funiculaire assure la jonction entre le quartier de la Mouillère et le plateau de Beauregard-Bregille. La gare basse se  situe à l’angle de la rue du Funiculaire et de la rue des Fontenottes.

  • Longueur des voies : 423 m
  • Dénivelé entre les deux gares : 73 m
  • Vitesse des voitures : 2 m/s, soit 8 km/h
  • Capacité des voitures : 16 places assises, 10 places debout
  • Moteur : électrique, fabriqué par Alsthom en 1938
  • Machinerie construite par les établissements suisses Louis de Roll (Berne)
  • Largeur de la voie : 1,05 m

 

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Auteur de l’article : La rédaction

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