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Le marais de Reysson

Sujets de l'article : Vertheuil

Le marais de Reysson est un marais tourbeux et allongé qui débouche sur l’Estuaire de la Gironde, situé sur les communes de Saint Germain d’Esteuil, de Vertheuil, de Saint Seurin de Cadourne et de Saint Estèphe. Il s’étend sur une longueur de 8km environ pour 2 de large. Désigné communément « Marais de Reysson », son appellation officielle prend la même dénomination au pluriel.

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Le marais de Reysson est une zone humide peu densifiée autour de laquelle l’homme est présent depuis plus de 15000 ans. C’est un lieu de promenade agréable pour le randonneur où on notera la présente d’un site antique important, le site archologique de Brion. A proximité on trouve également un ancien pont romain.

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Site Archéologique de Brion

Formation du marais

La formation des marais tourbeux que l’on retrouve à proximité de l’estuaire de la Gironde de son embouchure à sa partie médiane remonte à 15.000 ans avant notre ère. A cette époque le réchauffement climatique accroît la fonte des neiges et provoque une submersion d’une partie de la vallée de la Garonne et la création de golfes allongés là où le relief est plus marqué.

Vers -6000, à l’emplacement actuel du marais on retrouve un plan d’eau ouvert sur l’actuel estuaire dont la communication s’effectue par un chenal relativement étroit. L’occupation à l’époque néolithique est attestée par de nombreuses découvertes. Des vestiges dont la datation est établie autour de -4500 à -3000 ont également été trouvés dans ce périmètre. Cette période correspond au développement de l’élevage et de l’agriculture.

Dans le périmètre du marais, on retrouve plusieurs vestiges de cette époque. Le plus connu est un dolmen entouré d’un tumulus au lieu dit de Barbehère (Saint-Germain d’Esteuil). Mais on retrouve également :

  • une implantation importante au Peuilh (ouest du marais, commune de Vertheuil), composée d’un ensemble de plateformes en planches et madriers
  • un camp néotithique de 16ha (lieu dit les Douves à St Seurin de Cadourne)
  • deux tumulus au sud du Marais (Saint-Germain-d’Esteuil)
  • d’autres vestiges épars sur le périmètre du marais.

Pendant l’Age du Bronze, le secteur est très actif, en témoigne les découvertes de dépôts d’objets à Saint Germain d’Estueil et à Saint Estèphe, mais aussi d’objets isolés que l’on retrouve sur le pourtour théorique du Marais. Les sites de découverte laissent penser qu’une occupation sur la périphérie du golfe de Reysson était développée et, que du commerce par voie maritime en provenance d’autres zones côtières (Bretagne, …) pouvait être relativement développé.

Antiquité

Mais c’est à la période Gallo-Romaine, que le développement de la zone sera le plus florissant. La mise en place de l’administration romaine favorise les échanges. Plusieurs agglomérations s’établissent tout autour et notamment à proximité de Saint-Germain-d-Esteuil, sur le site archéologique de Brion. Il existe aujourd’hui des très fortes présomptions concernant l’association de ce site avec la cité de Noviomagus signalée dans le secteur par Plolémée. Elle s’étendait sur 12 à 15ha et comportait des équipements de qualité comme son théâtre de 3000 places, le seul théâtre connu au sud de la Garonne. Un vaste temple et un habitat fourni prenait place dans son périmètre. Construite durant le Ie siècle, elle sera abandonnée deux siècles plus tard. le poète Ausone, n’en fait pas mention dans ses écrits. Au premier siècle, le marais de Reysson aurait un peu changé avec un niveau d’eau plus bas qu’à l’époque préhistorique. La navigation possible au Ie siècle aurait été rendue compliquée au IIIe siècle, pouvant expliquer l’abandon du site. Autour du IIe siècle, la campagne environnant est très densifiée. Monnaies, poteries et vestiges de bâtiment sont retrouvés tout autour du marais comme à Beyzac (Saint-Germain d’Esteuil).

Pont romain

Entre le IIIe siècle et la moyen-âge la zone est connue pour ses « mauvaises airs » et son insalubrité.

Du Moyen-Age à nos jours

Totalement délaissé, on y construira au XIVe siècle une maison forte (Maison Forte de Brion), sur la motte de Brion (en surcouche du théâtre romain). Arnaud de Bourg y sera consigné en 1340. Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que la marais soit réinvesti.

Alors que les marais du Bas-Médoc vont faire l’objet d’un assèchement au XVIe siècle grâce à des ingénieurs hollandais, la marais de Reysson fut au centre d’une lutte entre les Seigneurs de Lesparre et l’abbé de Vertheuil. Au sujet de la contestation, les limites territoriales de la Maison de Lesparre et de l’Abbaye de Vertheuil. Rien n’y sera fait jusqu’à l’année 1757.  Les terres sont inhabitables et la population fait appel en 1761 à l’autorité royale pour qu’elle tranche en sa faveur. Le 11 Mai 1762, le conseil d’état répond favorablement à sa demande. L’ingénieur Tardif rédige le plan des travaux. L’ingénieur des pont et chaussées élabore un drainage autour d’un canal central. Un ensemble complexe de canaux secondaires, de zone tampon et de canaux est complété par des équipements tels que des portes d’écluse, des vannes ou clapet qui permettent le contrôle du reflux. On estime que ces travaux furent achevés au plus tard en 1784.

Pendant la révolution française, puis jusqu’en 1807, l’ensemble du dispositif est laissé à l’abandon. Les habitants de St Estèphe, face à une situation sanitaire déplorable adressent une pétition le 21 février 1807 au préfet qui en prend acte favorablement. Les travaux dureront jusqu’en 1830.

Réalisés sous le contrôle du syndic des propriétaires, représenté par le marquis Jules de Camiran, ils soulèveront l’indignation des propriétaires tant par l’inutilité de certains d’entre eux mais aussi par l’augmentation des taxes prélevées pour les financer. L’ordonnance royale  du 21 décembre 1830, permettra la mise en place d’une commission paritaire à cinq membres qui mettra fin à certaines querelles.

La topographie du marais n’en rendra pas la situation plus facile. La présence d’une cuvette en milieu de marais obligera une amélioration constance des capacités de drainage. Aujourd’hui grâce à la culture du mais et du tournesol, le valorisation du marais s’est grandement améliorée.

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Auteur de l’article : admin