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Batterie française du Cap de la Chèvre (Finistère, atlantikwall CR-350)

Sujets de l'article : GR34 , Presqu'île de Crozon

Le Cap de la Chèvre est depuis des temps anciens un lieu stratégique d’observation de la mer. Il permet de contrôler l’entrée dans la Baie de Douarnenez. Les hommes y ont donc établi très vite une présence militaire. La première batterie française y sera construit pendant la Royauté.

Historique

 

Une première batterie au XVIIIe siècle.

La présence humaine est très ancienne et les traces d’un oppidum à proximité du cap de la Chèvre est attestée. La présence se concrétise au XVIIIe siècle par la création d’une batterie de côte équipée de canon, de mortiers et d’un corps de garde (XVIIIe siècle). Cette première construction est tombée dans l’oubli et peu de choses sont attestées par des vestiges. Dans les faits cette position était composées de deux batteries distinctes. la première était orientée vers l’ouest et composée de Canon (batterie du Cap de la Chèvre). L’autre position équipée de mortiers, batterie saint Nicolas, était orientée vers le sud en direction de Douarnenez. De cette dernière on ne peut retrouver que des vestiges de casernement. On retrouve sur le GR34 sous la végétation à l’est du Cap, les vestiges des murs de bâtiments de casernement et d’un garage, une fontaine, un escalier et des lavabos.

Reconstruction de la Batterie du Cap de la Chèvre

Des deux batteries, seule la première sera reconditionnée à partir de 1937. A cette époque, la France rééquipe ses côtes et se dote d’équipements modernes. L’armée française y installe un poste de contrôle de tir à deux niveaux équipé d’un projecteur de côte. Quatre encuvements identiques reçoivent une pièce d’artillerie de 164,7 mm Modèle 1893-96 protégée par un masque de blindage. Les pièces sont installée sur un affut à pivot central (portée de 18,5km). Mais comme pour les corps de garde et batteries construites au siècle précédent, l’armée française n’occupe pas ses positions en permanence.

Vue sur le poste de contrôle de tir

Ainsi les commodités indispensables à la vie d’une garnison seront tout simplement oubliées. Elle est équipée d’aucun logement, d’aucun sanitaire ni de cuisine. La batterie est mise en service en mars 1940.

Lorsque l’armée allemande investit les lieux, elle prend une position neuve et du niveau des construction à venir du Mur de l’Atlantique. Le poste de contrôle de tir est l’équivalent des M262 et sera d’ailleurs codé MAA262. Elle complète la position avec des bâtiments en retrait pour accueillir la garnison, des barbelés, des tranchées en zig-zag et des champs de mine La position est codée dans le périmètre du mur de l’atlantique CR-350 (ou C-350) et CR-11.

vestiges de tranchées en zig-zag allemandes

Entre la fin 1943 et le début 1944, les allemands changent les pièces d’artillerie pour des 150mm Tbts KC/36 fabriqués par Krupp. Ses obus de 43kg sont propulsés à 22km. Les canons français sont transférés à la batterie de Kerborn en casemate SK.

A la fin de la guerre, l’armée allemande chargée de la défense du secteur de Brest y fera un baroud d’honneur pendant la bataille de Brest sous la direction du géneral allemand Erwin Rauch. Ce dernier qui s’est replié avec 120 marins, sera acculé dans la batterie du Cap et y sera fait prisonnier par l’armée allemande entre le 17 et le 18 septembre 1944.

Sur les photos aérienne entre 1947 et 1951 on voit clairement les éléments de la positions, les tranchées ainsi que les traces des bombardements de 1944. Le Sémaphore français construit avant la guerre fut en grande partie détruit pendant ces tirs.

Le site aujourd’hui

Le site a été réinvestie par la marine qui y a installé un nouveau sémaphore en 1971. Il assure la surveillance maritime et aérienne de la Baie de Douarnenez, zone de refuge pour les navires de commerce en cas de tempête entre la Manche et le Golfe de Gascogne.

Le site est aujourd’hui aménagé pour la promenade et aussi pour sa propre préservation. Les vestiges de la seconde guerre mondiale sont en grande partie accessibles, à l’exception du sémaphore en zone militaire. L’un des encuvements a été aménagé en un Mémorial de l’Aéronautique Navale.

Poste de Contrôle de tir et la position

Le poste de contrôle de tir du Cap de la Chèvre est l’un des rares d’origine française à nous être parvenu dans cet état. Sur son toit est visible une plaque commémorative indiquant : «  »Ici le 18 septembre 1944 le 17th Cav. Squadron du 15th Cavalery Group 3D US Army Général Patton puis 9th US Army après de durs combats obtint la reddition du Général E. Rauch Commandant Adjoint de la forteresse de Brest. Bretagne reconnaissante. (Dalc’h sonj – Souviens-toi Ô Bretagne) ».

On peut accéder a différents bâtiments. Les quatre encuvements sont accessibles plus ou moins facilement deux d’entre eux étant gagnés par la végétation ou par la terre. Ils ne sont pas trop dégradés et présentent encore la plaque support en metal pour la canon. Ces encuvements avaient la particularité de permettre au canon de pivoter à 360°, ce que firent les allemands face à l’attaque terrestre des américains en 1944.

Une construction inachevée se situe à proximité de l’encuvement le plus éloigné du sémaphore (sud-est). Selon plusieurs sources il s’agirait d’une casemate pivotante en construction (betondrehturn).

Parmi les autres bâtiments à noter un abri pour projecteur délabré, quelques restes de soutes de stockages désormais cachées par la végétation, une embase d’antenne. Le terrain étant voué à évoluer au gré de la végétation, certains de ces éléments peuvent voir leur conditions d’accès évoluer.

Le Poste de direction de tir

Situé au nord ouest de la position, il est accessible par un escalier central entouré de deux rampes utilisées pour le déplacement du projecteur. L’escalier aboutit à l’abri du projecteur dont la fermeture est réalisée par deux portes blindées de type Marine.

Le PDT est enterré et ne laisse apparaître que le niveau supérieur de télémétrie et le premier niveau inférieur. Un groupe électrogène permet d’alimenter le projecteur. L’accès entre le premier et le second niveau s’effectue à l’aide d’une échelleverticale. A la base de l’escalier extérieur un espace distribue les accès vers le groupe, la soute à carburant et un magasin. On accède au PDT par une porte marine blindée dont la fermeture est simplifiée (à poussoirs). on est loin de ce qui sera en place dans les grands bunkers allemands.

Les encuvements.

Les encuvements permettre de parcourir les galeries de circulation, de découvrir les niches à minutions et les différents orifices d’approvisionnement. C’est relativement intéressant et le constat est relativement clair. Entre une construction allemande et une construction française peu de choses divergent dans l’ensemble. On imagine sans difficulté l’emplacement de plaques métalliques de protection, celui des portes et des passages de cables.

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Auteur de l’article : admin