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Site troglodyte de Jonas

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Dans la région du Sancy dans le Puy-de-Dôme, l’héritage médiéval est bien présent. Il est particulièrement visible au Château de Murol, dans la cité médiévale de Besse-et-Saint-Anastaise mais aussi à Saint-Pierre-Colamine où on y retrouve une implantation troglodyte dès l’antiquité. Les Grottes de Jonas cachent un bâti ayant évolué dans le temps autour d’une première occupation rituelle celtique.

A proximité des stations de sport d’hiver de Super Besse et du Mont Dore, la région du Sancy cache de nombreux trésors, culinaires, historiques et archéologiques. Le site de Jonas fait partie des trois sites médiévaux principaux dans ce périmètre. Ouvert partiellement à la visite, la cité trogodyte de Jonas vous amènent au coeur d’un ancien volcan où une occupation s’est développée depuis l’an -400 pendant  près de deux mille ans.

Aujourd’hui le site se visite en grande partie même si certaines salles sont fermées à la visite. C’est le cas du mouroir (au sud) qui n’est pas sécurisé et les habitations paysannes situées dans la partie la plus au nord du site. Il est ouvert à la belle saison et en hiver pendant une partie des vacances scolaires (sauf les jours fériés). Il a été classé Monument historique en 1886.

Les origines des grottes

Situé le long d’une ancienne fissure dans la croûte terrestre où plusieurs cônes se sont formés suite à l’éruption du volcan de Jonas, le site se présente sous la forme d’une falaise composée en surface de roche tendre et plus dure en profondeur. L’excavation en cavités fut donc facilitée. La première occupation remonte  à l’époque celtique, soit il y a environ 2400 ans. On y retrouve dans la partie la plus basse de la falaise un premier autel utilisé pour des rituels païens à l’époque celtique (vers 400 avant JC). On a également retrouvé sur le site une statue gallo-romaine.

Sanctuaire celtique

Développement au Moyen-Age

Mais c’est à partir du Xe siècle que le site va se développer. Au départ, le site est aménagé par des moines qui y trouvent une retraite paisible et isolée. Mais rapidement, les seigneurs du cru reprirent à leur compte le développement du site érigeant leurs logis dans la partie haute de la falaise. Sur une longueur de 500m et 100m de haut, un habitat troglodyte couvrant toutes les strates de la société médiévale. Ce seront jusqu’à 70 pièces qui seront aménagées pour environ 600 personnes. Cette communauté était alors composée de seigneurs, de militaires, moines et paysans. Ces derniers  et leur bétail étaient reclus au nord de la falaise.

Pillage du site après son occupation

Selon les recherches archéologiques et historiques réalisées jusqu’à nos jours, l’occupation du site apparaît avoir cessée vers le XVIIe siècle. Les seigneurs avaient fuis les lieux pour trouver un meilleur confort depuis longtemps, probablement vers la fin du XIIIe siècle. Le site perdra progressivement sa vocation d’habitation. Il servira de refuge pendant la Guerre de Cent Ans jusqu’au XVe siècle. Les pièces les plus hautes seront converties en pigeonniers, permettant de produire des amendements pour les cultures. La chapelle sera utilisée jusqu’à la Révolution.

Abandonné, le site fera l’objet d’un réemploi de matériaux. Le chaux des murs, mais aussi le bois et les divers murs construits progressivement devant la falaise seront réutilisés. L’état dans lequel le site se retrouve aujourd’hui reste relativement éloigné de son état le plus évolué, qui est présenté sur les gravures présentes dans la documentation proposée lors de la visite.

Dans une époque plus récente, le site fut dégradé volontairement, conduisant à une forte dégradation de certaines parois.

Le site aujourd’hui

Le site se compose aujourd’hui d’une partie sécurisée présentant les salles principales et les plus intéressantes. Le reste du site (au Nord) composé d’habitation paysannes n’est  pas accessible au public faute d’une sécurisation adaptée. Le parcours de visite permet d’accéder successivement au premier site rituel, à la chapelle puis à la boulangerie (four communautaire) et enfin au manoir composé des différentes pièces de l’abri seigneurial.

La Boulangerie

  • Le Mouroir (non accessible). Situé à l’entrée du site de visite actuel dans une pièce en hauteur, il permettait de mettre les malades en isolement. Ce type de lieux sera été pertpétué par les lazarets qui permettaient d’isoler les marins lors de leur retour de campagnes en mer. Cette pièce avaient ses murs recouverts de chaux assurant de qualités sanitaires optimales. Pour autant, faute de médecine, les malades étaient souvent condamnés.
  • La salle des rituels païens. Situé à la base de la falaise, il était utilisé dès l’antiquité pour des cérémonies celtiques. On peut constater sa faible hauteur au sol et son creusement plutot sommaire.
  • La Chapelle. Il s’agit probablement de la plus belle pièce du site, par la préservation d’une partie de son décor peint. Elle s’est affaissée en 1706 et restaurée en 1958. On y retrouve encore son autel et d’une belle colonnade supportant des arcs romans. Le mobilier évoque son possible aménagement au Moyen-Age.
  • La boulangerie. Elle comprend un espace plutôt important de travail et un four communautaire que le seigneur était tenu d’entretenir. Une redevance était exigée et chaque famille disposait d’un temps de chauffe défini pour y cuire des tourtes couvrant 10 à 15 jours de nourriture. Ce four fonctionnait à accumulation de chaleur. Après avoir été préalablement chauffé pendant deux heures, on y introduisait le pain qui y cuisait grâce à la chaleur accumulée pendant une heure.
  • Le Manoir. Le reste des pièces qui composent le site de la visite correspondent à l’abri seigneurial ou Manoir. Le site n’était pas à l’origine tel qu’il se présente aujourd’hui. Une avancée permettait de protéger l’entrée prenant la forme d’une avancée et des aménagements en bois offraient des défenses supplémentaires (Bretèche). La visite permet de traverser des pièces d’habitation (chambre), de stockage (grenier) ou d’aisance (latrines) toutes distribuées autour d’un escalier à vis de quatre étages.
    • L’escalier à vis. Au fil des agrandissement, l’escalier s’est développé et a même été doublé. Il est encore aujourd’hui une belle pièce taillée directement dans la roche.
    • La chambre. Cette pièce a été aménagée par un meuble/lit comme on peut en trouver encore aujourd’hui dans certaines demeures traditionnelles en Bretagne. A l’origine elle comprenait une cheminée et servait de pièce de vie. On peut d’ailleurs constater que la surface reste relativement limitée. Plus tard elle fut complétée d’un poste de défense qui la rendait inhospitalière pour le coucher (condensation et humidité).
    • Le grenier. Situé dans le dernier niveau, il était composé d’un premier espace de stockage vouté et d’une cave éclairée par un soupirail.
    • Les latrines. Donnant sur la façade de la falaise (un conduit maçonné a disparu depuis), les latrines comprenait également un bassin pour l’hygiène.
    • la Bretèche. Pour assurer une protection du site cette pièce peu profonde était complété d’une avancée en bois assurant une défense en cas d’attaque. On y maintenait en permanence un stock de projectiles. Plus tard, elle fut converti en pigeonnier avec le creusement de niches pour les volatiles (vers le XIIe siècle).

La chambre

 

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Auteur de l’article : La rédaction

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