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Ecuries du Château de Chaumont-sur-Loire

Sujets de l'article : lanterne des morts sarlat

Les écuries du Château de Chaumont-sur-Loire, construites au XIXe siècle, sont un monument à part entière. Cette dépendance témoigne de la prépondérance du cheval dans la vie de cette époque. Indispensable pour les transports (voitures hippomobiles) il est aussi un outils incontournable pour la chasses à courre.

Position : 47°28’40.9″N 1°10’57.9″E (POI Centre)
Sur ce sujet : Chateaux de la Loire

Présentation
Cette construction fastueuse est à l’image de ce que l’aristocratie fortunée fait construire à la fin du XIXe siècle pour soigner ses chevaux. A leur construction en 1877, ces écuries sont considérées comme les plus luxueuse de leur époque comprenant entre autre un éclairage électrique à arc, une rareté quand on sait que seuls l’Opéra Garnier et l’Hôtel de Ville de Paris en étaient équipés au même moment.

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Histoire

Marie Say devient propriétaire du Domaine de Chaumont en 1875. Après avoir épousé  le prince Henri Amédée de Broglie (fils d’Albert de Broglie), le couple  font aménager de luxueuses écuries et un parc paysager à l’anglaise. A cette époque, le cheval est un signe d’aisance bien que le développement du chemin de fer conduise progressivement un changement dans les modes de déplacement. Reste que dans cette fin du XIXe siècle, la traction anomale reste la règle partout en France.

La construction des écuries débutent en 1877 dirigée par l’architecte Paul-Ernest Sanson qui sera aussi en charge de la restauration  complète du château. Le choix se porte sur un ensemble construit à base de brique et de pierre. L’architecte y utilise toutefois des éléments architecturaux ancien qui rappellent les frises sculptées du Château avec notamment le double « C » de Charles II de Chaumont et la montagne en flammes.

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L’architecte Paul-Ernest Sanson souhaitait poursuivre le développement des bâtiments des écuries mais au final, probablement en raison du coût, il ne pourra jamais le réaliser. Les enseignements pris à Chaumont lui serviront à concevoir  les écuries modèles du marquis de Breteuil en 1892.

La fortune faite, le couple y donne de nombreuses réceptions dans une atmosphère très luxueuse. Mais, la crise et les revers de fortune aidant, la princesse de Broglie doit céder son domaine à l’état en 1938 qui l’affecte au service des Monuments historiques.

Architecture

Les écuries sont organisées autour de deux cours communicantes dont la plus grande est réservée à l’usage des princes. L’autre est dédiées aux invités. Dans la première y règne  une activité permanente à toute heure, de jour comme de nuit. On compte à cette époque une vingtaine de personnes au service des écuries dirigées par le premier cocher, chef des écuries. Les domestiques et le personnel affectés au écuries logent dans des chambres mansardées situées au premier étages des bâtiments.

La Grande Ecurie

Elle comprend plusieurs espaces affectés aux stalles destinées aux chevaux d’attelage, aux boxes pour les pur-sang, à cuisine et sellerie de travail, à la sellerie de gala, au manège couvert, stalles des poneys…

Sont séparés les chevaux utilisés dans les attelages pour  les voitures hippomobiles (écurie des semi-sang) et les chevaux de selle (pur-sang) qui disposent chacun de leur propre box. L’écurie des demi-sang est telle qu’elle fut conçue en 1877. On y retrouve des abreuvoirs en fonte surmontés de plaque en fonte émaillée polychrome, des boules en laiton… Elle conserve aussi ses lampes à arc. Pour éviter que les chevaux se blessent les parois faites de bois sont recouvertes de tapis brosse. Accroché au mur, un  panneau d’ordres désigne les tâches quotidiennes pour les palefreniers et les valets d’écuries.

Les boxes des chevaux de selle permettent à chaque pur-sang d’avoir son espace privatif dans lequel il peut se déplacer sans être attaché, comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Les boxes ont été modifiés en 1950 et on perdu leur revêtement d’origine en lambris verni. Derrière les boxes une galerie voûtée permet aux personnel de les rejoindre plus facilement depuis la cuisine.

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Depuis la grande cour on accède à la cuisine et à la sellerie de travail. Lambrissée sur trois côtés elle est à la fois la sellerie de travail et la cuisine qui permet de préparer le « mash » qui permet de nourrir les chevaux. On retrouve dans cette pièce deux lampes à arc qui étaient initialement sous le hall. En 1898, cet équipement électrique était d’un rare modernisme.

La seconde sellerie, la sellerie de gala a conservé son décor de la fin du XIXe siècle. On y retrouve une belle collection de harnais d’attelage, d’aciers et de fouets. On retrouve des objets provenant des plus grands fabricants d’objets de  bourrellerie et de sellerie de l’époque comme Hermès, Adler ou Adam. Elle est considérée comme l’une des plus belles selleries de France. Le rangement des objets de la sellerie répondent à un ordonnancement traditionnel.

Le coeur de l’écurie est occupé par le hall. Avec ton toit, il propose un vaste espace de travail qui permet de travailler par toutes les saisons. Son vaste espace permet d’effectuer le lavage des chevaux et des attelages. C’est aussi dans cet espace que le maréchal-ferrant ferre les chevaux. Donnant aussi sur le hall, on retrouve deux remises pour voitures hippomobiles. Aujourd’hui, on y retrouve une voiture de gala et quatre voitures qui appartenaient à la famille de Broglie.

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Dans la construction des écuries, l’architecte Paul-Ernest Sanson exploite la structure du four à poterie de la fabrique conçue par Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont pour construire un manège de douze mètres de diamètre et de la galerie qui la surplombe. Henri-Amédée de Broglie y conviait ses invités pour regarder les chevaux travailler.

Ecurie des poneys

Les poneys sont traités à l’égal des chevaux d’attelage et disposent de box fermés individuellement. Dans cette écurie, on retrouve quatre boxes situés à ses quatre coins. L’ensemble est maintenu dans son état d’origine avec les finitions en lambris, les mangeoires et râteliers.

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Auteur de l’article : admin