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Fort Liédot

Sujets de l'article : Ile d'Aix , redoute

Au début du XIXe siècle, l’intérêt stratégique de l’arsenal de Rochefort ne s’est toujours pas démenti. Face à des adversaires toujours aussi pressants, Napoléon lance un vaste programme de fortifications des côtes françaises en 1808 pour moderniser, renforcer et compléter les ouvrages déjà en place et souvent obsolètes. L’île d’Aix fait partie des points d’appui importants pour protéger l’entrée de l’estuaire de la Charente. Napoléon souhaite y faire construite une puissante redoute.

Lors de sa tournée d’inspection des côtes françaises, Napoléon Ier passe par l’île d’Aix et décide en raison de la position idéale de l’île d’y faire construire un fort « indestructible et imprenable», pour reprendre ses mots. L’île dispose d’un promontoire et c’est à cet endroit que le Fort de la Sommité, son premier nom, va être construit.

La conception du Fort

La décision de Napoléon se concrétise sous la forme d’un programme de construction, connu sous le nom de  « Tours et redoutes modèles type 1811 » qui doit s’étaler sur 10 ans. Il reprend le plan type « redoute-modèle n°1 », dont il sera le seul exemplaire construit. Une seule autre redoute, modèle n°2 cette fois-ci, sera érigée à Toulon.

Conçue sur un plan large de 90m de côté avec une cour intérieure de 30m de côté, elle devait non seulement protéger la rade mais aussi accueillir la population de l’île en cas d’attaque anglaise.

La construction qui est débutée parmi les premiers ouvrages du programme, en 1811, va connaître de grosses difficultés. La nature du sol va allonger la durée de pose des fondations. La construction prend du retard, mais le fort sera malgré tout occupé à partir de 1832. Les travaux ne seront totalement achevés qu’en 1860.

Lors de son transit vers l’Ile de Sainte-Hélène, Napoléon y fera un court séjour en 1815. Cette incarcération va préfigurer la future utilisation du fort les années suivantes. En effet frappé très vite d’obsolescence avec l’évolution de l’artillerie, son utilisation sera très vite réorientée par un usage carcéral.  La crise de l’obus torpille à la fin du XIXe siècle mettra fin à toute idée de l’exploiter à nouveau comme un arsenal défensif.

Le contexte économique (chute de l’Empire) ne plaidera pas non plus pour le maintien de ce type de fortification. Le pays délaissera progressivement ses forts, ne leur offrant que peu d’entretien et d’évolutions.

La prison « Fort Liédot »

La première utilisation carcérale du Fort se déroule en 1854. Alors que Napoléon III mène la guerre de Crimée, des soldats russes capturés sont emprisonnés au fort avec leur famille pendant 11 mois. Il prend sa dénomination « Liédot » après ce conflit en mémoire d’un colonel mort au cours de cette campagne de Russie.

Le fort n’est plus utilisé jusqu’en 1870. Il servira même de cible à des tirs de l’armée pour éprouver la résistance des fortifications bastionnées en 1863.

Des communards en route vers le bagne de Nouvelle-Calédonie y sont emprisonnés entre 1871 et 1872. Lors d’un nouveau cycle de renforcement des fortifications à la fin du XIXe siècle, le fort est remis en état d’active en 1880.

Au XXe siècle

Pendant la Grande Guerre, le Fort Liédot est à nouveau utilisé à vocation carcérale. Dès 1914, des prisonniers allemands y sont enfermés. En 1917, 81 meneurs de la mutinerie des soldats russes ayant eu lieu en Creuse y font un séjour. A noter que le cimetière de l’île abrite les tombes de trois soldats qui avaient tenté de s’évader.

Après la première guerre mondiale, le fort est désaffecté et devient un centre de vacances pour colonies.

Alors que la guerre d’Algérie bouleverse la France, le Fort Liédot reprend son activité carcérale. Des opposants politiques y sont enfermés à partir de 1956 dont le plus célèbre est Ahmed Ben Bella. Enfermé pendant six ans, il terminera son emprisonnement au Fort Liédot qui sera aménagé plus confortablement pour offrir des conditions plus dignes d’enfermement. Des planchers, et des chauffages permirent d’y améliorer l’ordinaire. Ahmed Ben Bella quitte le fort en 1962 après les Accords d’Evian.

De 1962 à 1980, le fort reprend son activité de centre de vacances avant d’être vendu par le Ministère des Armées au Conservatoire du littoral en 1989. Depuis, la commune de l’ile d’Aix assure sa gestion. Totalement réaménagé pour la visite il offre aujourd’hui un beau cadre de visite dans un lieu fermé à toute circulation automobile.

Le Fort aujourd’hui

L’île étant fermée à toute circulation automobile, on s’y rend en suivant le fléchage depuis le port à pied ou à vélo. Le fort accueille le public de début mai à fin septembre, hors fermetures exceptionnelles. Il permet la visite d’une grande partie de l’ouvrage jusqu’au courtines.

Il abrite des collections temporaires d’artistes locaux et le Musée du Fort Boyard, accessible sans supplément.

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Auteur de l’article : La rédaction

1 commentaire sur “Fort Liédot

    Ile d’Aix – C'est En France

    (26 Mar ’20 - 17 h 15 min)

    […] servira à plusieurs reprises de prison. Les communards seront enfermés dans le Fort Liedot en 1871, des militaires insoumis en 1917, Ahmed Ben Bella et ses compagnons entre 1959 et 1961. A […]

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