Fort Boyard

Position : 45° 59 58" N -1° 12 48" W

 

informations pratiques
Accès : privé
Visite : ne se visite pas

 

Thèmes : Charente Maritime | Fort

 

Connu avant tout pour ses jeux télévisés, le Fort Boyard est l’exemple même de détermination des hommes devant l’inutilité. Planté sur un récif entre Ile d’Oléron et l’Ile d’Aix, le Fort Boyard ne fut jamais utilisé pour ce quoi il était destiné.

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Présentation

Une fois encore, c’est la protection de l’un des principaux arsenaux de France, celui de Rochefort qui contribue à l’édification du Fort Boyard. Situé à mi-chemin entre l’Ile-d’Aix et l’Ile-d’Oléron, il renforce un système de défense amélioré par Vauban puis complété par Napoléon le long du littoral charentais.

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Le Fort ne se visite pas à moins de faire partie des équipes de télévision qui occupent toute l’année les murs du fort. Des vedettes permettent de faire le tour du fort.

Histoire

Le projet

17FortBoyard02Le projet de construction du fort remonte au XVIIe siècle. La fin de la construction de l’Arsenal de Rochefort en 1666 s’accompagne de la construction de nombreux forts et système de défense pour le protéger.

Le banc de sable fait l’objet d’études (1678) mais Vauban estime la construction trop périlleuse et le notifie au roi. « Sire, il serait plus facile de saisir la lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne ».

Mais au début du XIXe siècle, le projet est relancé par une Commission nommée par Napoléon. Une ville est construite en face de  l’Ile d’Oléron, Boyardville à l’usage de la construction du fort. On y trouve des magasins à matériaux et des ateliers. Les ouvriers du chantier y sont également logés.

Les fondations débutent en 1804 sur 5 mètres de profondeur. La zone couverte fait 100m sur 50. Les difficultés s’enchaînent. Après l’affaissement de l’enrochement sous le poids de l’édifice, une partie de la construction est détruite entre 1807 et 1808 lors de violentes tempêtes.

Les coûts astronomiques de la construction conduisent Napoléon à revoir l’ambition du projet. Les dimensions du fort son réduites en 1809. Le Fort Boyard qui émerge à peine de l’eau ne peut contribuer à la défense de la flotte française qui est anéantie dans la rade de l’Ile d’Aix, le 12 avril 1809. La construction est abandonnée.

L’histoire est un éternel recommencement. La France et l’Angleterre voient leur relations se dégrader sous Louis Philippe et la construction du fort prend un nouvel élan. Les travaux reprennent à partir de 1837. Les fondations sont achevées en 1848 et pointent à deux mètres au dessus du niveau de la mer. Le rez-de-chaussée est terminé en 1852. Deux ans plus tard le premier niveau est terminé 1854. Le dernier niveau et la plateforme s’achèvent en 1857. Le Fort comprend alors sa célèbre vigie, actuellement utilisée par le Père Fouras.

Mise en service

Même s’il connait quelques attaques jusqu’à la fin du XIXe siècle, il n’aura qu’une utilité militaire limitée. Son armement sera toutefois renforcé comprenant jusqu’à 74 pièces d’artillerie. La puissance des canons installés sur l’Ile d’Aix et sur l’Ile d’Oléron suffisent à croiser le tir dans la rade rendant le fort obsolète.

Un brise lame et d’une zone de débarquement comportant 2 jetées seront toutefois construits.

Face à son inutilité stratégique, le Fort Boyard est désarmé et transformé à la fin du XIXe siècle en prison militaire. Les prussiens faits prisonniers lors de la guerre de 1870 y seront incarcérés. Puis ce sont les prisonniers politiques qui y seront détenus en attente de leur départ pour la Nouvelle Calédonie.

En 1913, l’armée se sépare du fort et revend même ses canons. Puis pendant la seconde guerre mondiale, le fort est utilisé comme cible par les allemands.

À l’abandon pendant 80 ans, Fort Boyard était devenu le domaine des oiseaux de mer qui, avec le vent, y ont apporté de la végétation que les équipes de restauration ont enlevé afin de refaire l’étanchéité de la terrasse.

Inutilisé, désaffecté et tombé dans l’oubli, le Fort Boyard fait après guerre la joie des pécheurs et des jeunes « aventuriers » de la région. Régulièrement pillé et dégradé, il est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1950.

Le 28 mai 1962, le fort est mis aux enchères et vendu pour 28 000 francs (mise à pris 7.500 francs) par Éric Aerts, un dentiste belge vivant Avoriaz. Faute d’en avoir les moyens de l’entretenir et finalement d’en avoir la moindre utilité, il le cède au producteur Jacques Antoine pour 1,5 millions de francs. Le Conseil Général de la Charente-Maritime lui rachète pour un franc symbolique en échange de travaux d’aménagement et de restauration. La société de production de Jacques Antoine (JAC) obtient en échange l’exclusivité de son exploitation.

Le fort est ainsi totalement rénové à partie de 1989. Une plateforme offshore que l’on voit depuis Boyardville (photo ci-dessus) est construite à une vingtaine de mètres du fort (25 pour être précis) afin de remplacer le havre d’abordage, détruit par les attaques du temps. On note notamment que pendant le nettoyage du fort une couche de cinquante centimètres de guano et sept cents mètres-cube de saletés diverses sont extraits. Des aménagements sont réalisés afin de donner au Fort le confort d’un plateau télévisé. Il se voit doté d’une passerelle est construite au premier étage et la cour centrale est divisée en deux salles dont la fameuse « salle du trésor ».

17FortBoyard01En 1996, de nouvelles restaurations sont engagées. Les plates-formes d’artilleries sont restaurées après avoir été démontées. Isolé en pleine mer, il subit toujours les assauts de la mer et doit être renforcé en 1998. Toutes les pierres de la terrasse sont déposées, nettoyées puis remises en place. La terrasse est revue, notamment son étanchéité. Les murs de façade sont ravalés et consolidés (fissures). Enfin, les restaurateurs s’attachent à la réparation du socle de la pendule qui n’avait subi jusque là aucun travaux. La cour centrale fera l’objet de nouveaux travaux durant la trève télévisée de l’hiver 2003-2004.

Grandes dates

  • 1804 Début des travaux d’enrochement
  • 1807 Le chantier est dévasté par des tempêtes
  • 1809 Révision du projet. Arrêt des travaux.
  • 1837 Reprise des travaux.
  • 1848 Fin de la construction des fondations.
  • septembre 1998 à avril 1999 Campagne de restauration
  • hiver 2003-2004 Travaux sur la cour centrale

 

Architecture

Il est composé d’un anneau de pierre elliptique, long de 80 mètres, et large de 40 mètres environ. Le fort mesure dans les faits 68 mètres de long sur 31 mètres de large, pour une superficie totale de 2689 m². Il comporte 3 niveaux, des casemates et une cour intérieure.

Le rez-de-chaussée comprend les magasins à poudre et à vivre, les cuisines, les latrines. Les magasins et les citernes pourront assurer deux mois d’autonomie à 250 hommes. Le premier niveau reçoit des chambres.

 


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