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Ile d’Aix

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L’Ile d’Aix est l’une des quatre îles de Charente-Maritime, c’est la seconde plus petite après l’Ile Madame. Fermée à la circulation automobile, cette île se parcourt à pied ou à vélo. La commune de l’ïle d’Aix couvre la surface de l’île et la longe de Boyard où est érigé le fort Boyard.

Si l’activité actuelle de lîle est principalement ostréicoles avec le tourisme, l’empreinte militaire est omniprésente. Paradoxalement, aucun bunker allemand n’y sera construite pendant la seconde guerre mondiale, l’occupant se contentant d’utiliser les bâtiments existants.

L’île est fait mention une première fois en 1067 quand Isembert de Châtelaillon en fait don aux moines de Cluny. La position particulière de l’Ile en fait un site très stratégique qui n’échappe pas aux anglais. Entre le XIIe et le XIIIe siècle les attaques anglaises se succèdent. En 1286 avec le découpage de la Saintonge en deux parties, une anglaise et une française, les attaquent cessent.

Au XVIIe siècle, le roi de France, par l’entremise de Vauban, fait revoir les fortifications de l’île. François Ferry fait améliorer les dispositifs déjà en place. Cela ne va pas empécher les anglais de prendre l’île pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Une partie des remparts eet la majorité des batteries sont détruites en 1757. Ils feront l’objet de réparations et de nouveaux aménagement entre la fin du XVIIIe et le XIXe siècle.

Pendant la Révolution, en 1794, des centaines de prêtres réfracteurs vont mourir sur les navires pontons de Rochefort où ils étaient enfermés. Leurs corps seront enterrés sur l’île. Les survivants seront débarqués sur l’Ile Madame.

Les sites de l’île d’Aix


Les 11 et 12 avril 1809 se déroule la bataille de l’île d’Aix. Cette année-là, Napoléon institue le blocus continental. Mais la flotte britannique bloque les ports de l’empire napoléonien. Les colonies des Antilles étant menacées, Napoléon donne l’ordre d’envoyer une escadre pour porter des approvisionnements et des renforts. Une flotte est rassemblée à cette fin sous le commandement du vice amiral Zacharie Allemand : 11 vaisseaux et 4 frégates sont ainsi ancrés à l’embouchure de la Charente, un peu à l’est de l’île d’Aix, d’où ils sont surveillés par l’escadre du vice-amiral John Gambier, qui mouille un peu au nord, dans la rade des Basques. Le 11 avril, profitant d’un vent portant et de la marée montante les Anglais laissent dériver, vers les navires français, une trentaine de brûlots. Pour éviter d’être embrasés, les navires français laissent filer leurs ancres et dérivent vers l’estuaire. La plupart s’échouent dans la vase. Le lendemain les frégates anglaises canonnent, à bout portant, les navires qui ne sont pas parvenus à se dégager, malgré le passage par-dessus bord de quelque 385 canons au fond de la baie. C’est un nouveau désastre pour la flotte de l’empereur ; les Anglais ont détruit une frégate et quatre vaisseaux de l’escadre française, ruinant les espoirs de renforts pour les colonies menacées aux Antilles.

Napoléon Ier séjourne sur l’île une semaine, du 8 au 15 juillet 1815, avant de quitter à jamais la terre de France. C’est d’ici qu’il embarque, pour le Royaume-Uni, mais est en réalité emmené sur l’île de Sainte-Hélène, bien plus lointaine. Le souvenir de l’empereur plane encore sur l’île, avec le Musée napoléonien la place Austerlitz et certains noms de rues du village pourtant des noms de batailles.

Le fort Liédot a servi de prison à une époque pour de nombreuses personnes. Parmi elles on compte des Communards, après la chute de la Commune de Paris, en 1871.

Quelques soldats de l’armée impériale russe, insoumis sur le Front français en 1917, épisode peu glorieux de la première guerre mondiale et méconnu : les 81 meneurs de l’insurrection du camp de la Courtine sont déportés à l’île d’Aix. Trois soldats, morts par noyade au cours d’une tentative d’évasion, sont enterrés dans le petit cimetière de l’île.

Ahmed Ben Bella, dirigeant du FLN, et quatre autres de ses compagnons – Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf – y séjournent de mars 1959 à mai 19616, sont arrêtés et transférés sur l’île, surveillés par une garnison d’environ 150 gendarmes. Ahmed Ben Bella devient, après sa libération et son retour au pays, le 1er président de la république algérienne. Les habitants de l’île gardent de très mauvais souvenirs de ces années-là : toutes les côtes de l’île étaient surveillées jour et nuit par des postes de gardes disséminés le long de toute la côte et reliés par téléphone à un PC dans le fort Liédot, l’île était coupée en deux, dans le hameau de Bois-Joly, par une haute clôture Ouest / Est infranchissable, avec poste de garde implanté sur la route principale, occupé 24h/24.

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Auteur de l’article : admin