Base sous-marine de Bordeaux

Position : 44° 52 11" N -0° 33 32" W

 

informations pratiques
Accès : libre
Visite : visite pendant les exposition temporaires, payant

 

Thèmes : Gironde | Mur de l'Atlantique | Seconde Guerre Mondiale --- Pages de l'article: 1 2 3

 

La base sous-marine de Bordeaux est l’une des cinq bases sous-marines construites par l’organisation Todt sur la façade Atlantique. Elle se situe au bord des Bassins à Flot de Bordeaux.

Cette base distante de près de 100km de la côte atlantique a accueilli pendant la seconde guerre mondiale de nombreux sous-marins allemands et italiens. .

Présentation

Elle est appelée « Betasom » (Béta pour la première lettre de Bordeaux, som pour sommergibili, sous-marin en italien).

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Construite au niveau du second réservoir des Bassins à Flot de Bordeaux, la base sous-marine de Bordeaux est ancrée à jamais dans le paysage bordelais. Dans un environnement qui doit devenir une véritable quartier en vue, la base restera un symbole indélébile de l’occupation allemande.

Histoire

Histoire

La base sous marine s’inscrit dans un ensemble défensif complexe qui part de l’actuel Cours du Médoc jusqu’à l’actuelle zone industrielle de Bordeaux Nord. La base sous-marine a été construite à partir de 1942 par les ouvriers du Génie de l’Armée italienne.

Le 25 Juillet 1940, les états-majors allemand et italien prennent la décision de construire une base sous-marine partagées entre leurs deux armées sur Bordeaux. L’Amiral Angelo Parona en prend le commandement.

Alors que la base n’est pas encore construite le premier sous marine rejoint Bordeaux en provenance de Naples en 1940. Entre Septembre et Novembre 1940, ce sont près de 28 sous-marins qui mouillent à Bordeaux dans les deux bassins de radoub. L’état major s’installe dans l’ancienne gare maritime de la Compagnie Transatlantique.

Une attaque de la R.A.F. détruit une partie de la flotte les 16/17 octobre 1940 à l’aide de mines magnétiques de 675 kg. Cette attaque conforte la nécessité de construite un hangar de protection des sous-marins. Début 1941, la construction du U-Bunker débute. L’organisation Todt emploi 2500 prisonniers pour sa mise en oeuvre.

Bien qu’inachevée à cette époque, la base peut accueillir des sous-marins dès Octobre 1942. Depuis 1940, 197 missions sont menées au départ de Bordeaux principalement à destination du Moyen-orient. 109 bateaux seront coulés et plus de 500.000 tonnes envoyées par le fond. Mais la flottille de sous-marin italien souffre de défauts majeurs comme une vitesse insuffisante et temps de plongée trop courts. Elle perd 15 sous-marins sur 32 lancés au combat.

Bordeaux est un port privilégié pour les navires allemands qui effectuent la liaison entre l’Allemagne et le Japon. Face au blocus imposé par les alliés, l’Allemagne utilisera des sous-marins pour transporter des matières premières venant du Japon comme du caoutchouc ou l’étain à partir de 1943.

En raison de son éloignement avec l’Angleterre (750km), aucun raid ne sera constaté jusqu’en 1943. Le 17 Mai 1943, 34 « LIBERATOR » américains de la 8ème AIR FORCE sont lancé avec pour objectif cette base sous marine. 198 bombes de 225 kg sont lancées sur l’objectif. 176 atteignent l’objectif avec pour effet la destruction partielles des portes des écluses. Les bassins se vident conduisant à l’échouage de cinq sous-marins italiens. Le U-Bunker n’est lui quasiment pas endommagé.

La 12e U-Flotille de Lorient est transférée à Bordeaux pour ravitailler les U-Boot d’attaque qui évoluent en Atlantique Nord. Au total la flottille basée a Bordeaux perdra  32 sous-marin sur les 43 engagés en opérations.

Alors qu’elle va compter en mai 1944 près de 1300 marins répartis dans les camps de Bacalan, Gradignan et Canéjan,  la 12e U-FLottille est dissolue en Août 1944 et la base sous-marine est abandonnée avec 2 U-boot en panne. La garnison est transformé en division de Fusilliers Marin, la division Weber. Une partie de ces troupes parvient à remonter vers le Poitou-Charente, l’autre rejoint le pointe du Médoc et la Forteresse du Nord Médoc.

En septembre 1947, l’écluse inachevée est détruite.

Y-a-t-il eu un sous-marin japonais à Bordeaux ?

Dans quelques livres (1) (3) (4) il est fait mention en juillet 1943, d’une escale du sous marin I-8 du commandant Tatsunosuke Ariizumi à Bordeaux. Il est également rapporté sur le forum bordeaux3945 que des documents du Musée Jean Moulin de Bordeaux rapportent cette information. Certains auteurs affirment même qu’ils auraient été plusieurs à faire escale à Bordeaux. Cette information reste très controversée n’apparaissant que dans peu d’ouvrages. Les sources de cette information ne sont pas clairement nommées et cette affirmation se retrouve dans des publications rapprochées dans le temps. Alors y-a-t-il eu oui ou non des sous-marins japonais dans le port de Bordeaux ?

Dans cette question il y a à la fois des informations qui permettent à nombreux de dire non et à une minorité de dire oui. A la majorité c’est normalement vite tranché. Et si cette histoire n’était qu’une question de point de vue ?

L’escale d’un navire est mentionné à plusieurs niveaux. Journal de bord, registres militaires, etc… et il est rare de ne pas retrouver la trace d’un navire qui fait escale dans un port militaire. Dès lors qu’on ne retrouve pas de telle archive, la balance penche pour le contre.

Depuis 1924, le port de Bordeaux s’est constitué en une entité industrielle « Port autonome de Bordeaux » qui couvre un vaste domaine maritime, autour du Verdon et sur 100km de rives jusqu’au port de lune. Dans un parlé « courant », il est parfois noté dans des légendes de photographies ou d’escale « Escale au port de Bordeaux » alors que le bâtiment est resté encré au large du Verdon, sans avoir pénétré dans l’Estuaire de la Gironde ou accosté. Il est donc possible qu’une navire et à fortiori une sous-marin japonais ait approché les côtes girondine pour y effectuer un ravitaillement ou tout autre chose et qu’il soit rentré dans le périmètre du Port autonome de Bordeaux sans avoir fait mine de vouloir descendre la Garonne. Théoriquement, cela peut se défendre. Dans les faits rien ne le prouve.

En l’état des connaissances, les trois sous-marins qui ont fait route vers des ports français, non seulement n’ont laissé aucune trace dans le périmêtre du port de Bordeaux mais encore point à proximité de la base sous-marine.

Alors quid des témoignages d’époque ? Nous avions recueilli un témoignage digne de confiance mais il est fort à parier que le bouche à oreille et la confusion avec d’autres informations liées à la navigation entre l’Allemagne et le Japon de bateaux et de sous-marin allemands ait transformé cette information.

Quelle conclusion ? Il faut être pragmatique. Il reste probablement de nombreuses archives à décortiquer et peut être qu’un jour le mystère sera définitivement levé. En l’état des connaissance, aucun sous-marin n’est parvenu à Bordeaux même.

Architecture

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En dépit de nombreuses tentative du génie des armées de libération et de son aviation, la base sous-marine n’a jamais pu être détruite en raison de la robustesse de sa structure.

Ses dimensions sont impressionnantes : 235 mètres de long, 162 mètres de large et 23 mètres de haut. L’épaisseur du toit atteint 7 mètres d’épaisseur dont 5,6 de béton et 1,4 de poutrelles d’acier. Elle comprend une tour annexe de 58 mètres de long, 73 mètres de large et 27 mètres de haut qui abritait une installation de ventilation, une centrale électrique de secours, une chaufferie et 4 générateurs électriques de 350 cv. Les moteurs de la centrale thermique provienne de la Ligne Maginot (2).

La base comprend 11 alvéoles recevant chacune un sous-marin ainsie que deux ponts roulants de 3 ou 5 tonnes chacune :

  • alvéoles 1 à 4 : 4 sont de 106 mètres de longueur et de 20 mètres de large (18 utiles). Elles peuvent accueillir deux sous-marins.
  • alvéoles 5 à 8 : 4 de 103,9 mètres de longueur et 13,5 mètres de large (12 utile) pour un seul sous-marin.
  • alvéoles 9 à 11 : 3 de 96 mètres de longueur de 12,5 mètres de large (11 utiles) pour un seul sous-marin

Les alvéoles 5 à 11 peuvent servir de cale sèche pour la maintenance des sous-marins. L’ensemble des alvéoles pouvaient être fermées avec des portes blindées.

Au Nord-Ouest, un bunker assure l’approvisionnement en mazout. Ses cuves pouvaient contenir jusqu’à 4 millions de litres. Ce bloc de 15m de haut sur 80 mètres de longueur et 38 de large est toujours en place.

La base sous-marine est complétée par une écluse sécurisée blindée. Face au risque de bombardement et de paralysie du site, l’organisation Todt entreprend la construction d’une écluse parallèle à celle existante. Longue de 177 mètres sur 23 mètres de large et 30,9 mètres de haut, elle ne sera jamais achevée.

La base sous-marine aujourd’hui

La base est désormais un lieu dédié à l’art contemporain. Cet espace culturel accueille de nombreuses expositions temporaires. Elle reste en partie en l’état tel qu’elle a été laissée à la sortie de la guerre. On retrouve notamment la porte blindée des ateliers bloquée ouverte.

La base peut être contournée mais les alvéoles ne sont pas accessibles librement. L’intérieur de la base est accessible pendant les expositions temporaires.

Bibliographie

Pour cet article, nous avons retenu des informations parues dans les livres suivants :

(1) « Bordeaux brûle-t-il?, ou, La libération de la Gironde: 1940-1945 » de Dominique Lormier, Editions Les Dossiers d’Aquitaine, 1998.

(2) Le Mur de l’Atlantique de la Loire à la Bidassoa, Jean-Guy Dubernat, Editions Ouest France

(3) « U-Boote ! Les Sous-Marins Allemands 2. Les Bases : BREST – LORIENT – SAINT NAZAIRE – LA PALLICE – BORDEAUX » de Jean-Paul Pallud (Editions Heimdal).

(4)  « Les ports de l’Atlantique 1939-1945 » par Yves Buffetaut, MARINES éditions.

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Article crée le 6 mai 2013 – Dernière mise à jour le 21 mai 2016

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