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Tours et réduits type 1846

Sujets de l'article : batterie , Fort , Tour modèle 1846

La France a connu différentes période de construction défensive dont le premier opus principal fut lancé par Vauban. Il faut cependant attendre le programme de construction de 1811 de Napoléon pour voir une première tentative de standardisation. La circulaire suivante, de juillet 1846 du Ministère de la guerre prévoyait de revoir totalement la surveillance et la défense des côtes avec près de 300 sites à améliorer ou à construire et des nouveaux modèles type de construction.

Les objectifs de la circulaire de 1846

La circulaire a pour vocation à affirmer l’ambition de la France pour assurer la préservation de ses côtes. Les ouvrages construits sous Napoléon ou Vauban ont été pour un grand nombre abandonnés ou détruits dans ce milieu du XIXe siècle. Le programme précédent « Tours et redoutes modèles type 1811 » n’a pu être achevé en raison de l’abdication de Napoléon Ier en 1814 et a laissé le littoral vierge de toutes défenses actualisées. La menace extérieure grandissante, l’évolution de l’artillerie et l’apparition des premiers bateaux à coque métallique oblige le Ministère de la Guerre à remettre au goût du jour la défense côtière.  Il revoit donc l’installation de nouvelles batteries et forts.

Le programme de construction comprend la création ou l’amélioration de 300 sites défensifs. Il s’appuie sur  de nouvelles constructions standardisées basé sur des plans modèle types (3 de Tours et 3 de réduits). Ces sites sont principalement des batteries de mortiers et de canons, généralement complété par une tour ou un réduit.

Tours et réduits quelles différences ?

Les deux peuvent s’apparenter aux Tour-modèles de 1811 et même, sur le principe, aux redoutes installées dès Vauban. En soit ce qui est construit à partir de 1846, n’est pas conceptuellement une nouveauté.

Les Tours sont plus ambitieuses avec des murs épais (1m50 à 2m), trois niveaux, dont une terrasse d’artillerie. Il est prévu de les construire au niveau des points les plus sensibles du littoral ou dans des zones isolées et devant résister seules face à un assaillant. Dans les fait ce type d’ouvrage sera très peu construit en raison de son coût de construction. Sur les vingt exemplaires attestés, 18 se retrouvent en méditerranée. Ce sont donc les « réduits type 1846 » ou corps de garde défensifs qui seront majoritairement construits suivant un nombre limité de plans types.

Les corps de garde ne comprennent qu’un rez-de-chaussée voûté  et une terrasse crénelée. Leurs murs épais de 50 centimètres ne permettent pas de résister à un feu nourri.

Dans les deux cas, le bâtiment a trois vocations : l’hébergement du personnel de la batterie, le stockage des vivres et de la poudre et la défense rapprochée de la batterie. La circulaire de 1846 permet d’équiper les batterie d’un véritable casernement là où, en général, on ne retrouvait qu’un poste de garde. Pour autant le confort est réduit à sa simple expression. Dans la majorité des cas le mobilier « en dur » va être remplacé par des crochets et des hamacs.

On le sait peu mais ce bâtiment n’est pas utilisé continuellement. En temps de paix il est désaffecté, et utilisé pour stocker les pièces d’artillerie qui sont démontées de la batterie adjacente. Une garnison n’y est donc pas maintenue en permanence. Le site est gardienné par un nombre réduit d’hommes.

Adapté à la défense rapprochée et à la situation du terrain

Sauf dans de rares exceptions, ces éléments ne sont pas isolés et font partie d’un complexe plus ou moins vaste. La structure même des réduits est incapable de supporter les puissantes pièces d’artilleries devenues nécessaires pour atteindre les navires au large. On ne retrouve donc qu’une artillerie de courte portée et légère sur ces constructions. La structure même du bâtiment est donc conçu pour faire face à des assaillants venus réduire à néant, par la terre, la batterie. Pont -levis, mâchicoulis, créneaux ou archères permettent de couvrir le périmètre du fort et la base des murs.

Pour autant, malgré les 6 plans type, la configuration du terrain et du site à fortifier demande quelques adaptations. Ainsi on voit apparaître au fil des constructions un certain nombre de variantes pour tenir compte de la taille de la garnison et réduire au maximum les coûts. Par exemple pour une garnison de 30 hommes, on adaptera un plan d’un réduit pour 40 hommes en réduisant sa taille.

Les autres contraintes que doivent respecter les ingénieur sont de rendre le réduit invisible de la côté et de permettre d’être également le plus protéger d’une attaque par la terre. On constate donc plusieurs types de variations :

  • remplacement d’une Tour par un réduit pour réduire la hauteur
  • augmentation de l’épaisseur des murs et des voûtes d’un réduit dans une situation plus vulnérable (corps de garde renforcé, comme à la Batterie de l’Aber)
  • Suppression d’une terrasse crénelée , toujours pour des question de hauteur
  • construction de murs-traverse

Quelques exemples de construction :

Des ouvrages très rapidement dépassés

Le XIXe siècle a été marqué par la très rapide évolution de l’armement. L’apparition du canon rayé et des bateaux cuirassés a rendu les ouvrages presque inutiles quelques années après leur construction. Il faudra attendre 1870 et un programme de révision des défenses de côte pour permettre à certains ouvrages de résister face à l’artillerie. Enterrés pour certains, renforcés pour d’autres, ils continueront leur vie comme simple casernement. La loi du 27 mai 1889 ouvrira à un large déclassement et une grande partie des ouvrages seront réutilisés dans le civil. Il subsiste aujourd’hui environ 100 réduits de type 1846.

A défaut d’avoir eu une véritable utilité militaire, leur conception facilita leur reconversion en habitation ou bâtiment public.

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Auteur de l’article : admin

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